Affaire Bossembélé/CPS la famille Massi se contredit sur les circonstances de sa disparition

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Pierre Massi (photo ci-contre) et le frère aîné de Charles Massi, ancien ministre de Bozizé, arrêté, torturé et tué et donc le corps n’a jamais été trouvé depuis sa disparition en 2009. Ce témoin est le troisième à passer à la barre devant les juges de la Cour pénale spéciale ; dans le cadre de l’affaire dite « Bossembélé » dont le jugement est en cours. François Bozizé, ancien chef de l’Etat et accusé principal est toujours en fuite, est jugé par contumace, contrairement a trois de ses co-accusés présents dans le box. Cette affaire est entrée dans l’étape de l’audition des témoins et Pierre Massi en est le troisième. Le premier témoin n’était autre que son neveu, Eric Néris Massi qui avait déjà relaté sa version des faits devant les juges, le 23 juin dernier. Pour lui son père « avait été abattu froidement par Bozizé, lui-même avec une arme à feu de son garde-corps » ; alors que son oncle parle plutôt d’assassinat de son cadet à Guantanamo, le camp de torture du camp militaire de Bossembélé et la tête ramenée au Palais de la Renaissance pour servir de preuve de sa mort à Bozizé, le commanditaire.»  Cette contradiction donne de la matière à maître Rufin Pabingui (l’un des quatre de la Défense) pour demander à la Cour d’écarter ces deux témoins pourtant issus de la même famille et indirectement victimes.

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Si les circonstances et le lieu de sa mort divise les deux témoins, ils s’accordent néanmoins sur le fait que « les rapports étaient exécrables entre leur père/frère et Bozizé ; et ce dernier s’était donc servi de Charles Massi comme monnaie d’échange avec Ndjamena  : Baba Laddé, opposant au régime Déby Itno (père) étant refugié sur le sol centrafricain, il fallait donc l’arrêter et le livrer aux autorités de Ndjamena à l’époque et exiger en retour la même chose pour Charles Massi, ce qui fut fait. Baba Laddé extradé à Ndjamena et emprisonné ; et Charles Massi extradé en Centrafrique non pas pour aller en prison mais pour être assassiné.
Le calendrier prévisionnel des audiences de cette affaire relevant de crimes contre l’humanité et impliquant un ancien Chef de l’Etat (une première en Afrique), prévoit une longue liste de témoins, si ce calendrier est respecté c’est vers le 15 octobre que le dernier va se faire auditionner.

Compte rendu : Gilbert Mbakop

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