Comment redonner de la vitalité au principal opposant politique pourtant (bien) affaibli ? Lui refuser le passeport et le tour est joué

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Pour certaines officines (parisiennes en particulier), le miracle n’a pas eu lieu : la cuisante défaite de Dologuélé (et de l’opposition dans son ensemble) à la présidentielle ne surprend que des pires aveugles

Et voilà Anicet Georges Dologuélé de retour sur la scène politique, revigoré, pourtant pendant près de 5 ans, il n’était que l’ombre de lui-même et son parti gravement affaibli

Anicet-Georges Dologuélé joue grand avec un symbole : il regagne le pays la veille de la « Journée internationale de la paix » (21 septembre)

Dologuélé et Dondra passent à l’attaque en envoyant, arguments à l’appui, des messages forts pour dire : « MCU, nous sommes-là, vous ne pouvez pas faire sans nous »

Après un 3eme échec à la présidentielle, Dologuélé ne s’attendait à rien : voilà que ses adversaires se chargent eux-mêmes de soigner sa popularité avec une interprétation bancale de la Constitution

C’EST vrai, il n’est plus (?) porteur de ce « Kota coup », cette force de frappe qu’il avait d’ailleurs fait de ça son cri de ralliement lors de différentes campagnes. C’est aussi vrai que sa formation politique (URCA) a perdu de sa superbe et puissance sur le terrain. C’est encore vrai que beaucoup de ses bras droits l’ont abandonné. Mais curieusement s’il a y avait élection aujourd’hui, l’opposant ferait très mal dans les urnes. Merci à qui ? pas aux militants et sympathisants de l’URCA ; mais aux extrémistes du régime avec leur lecture politique étroite.
Anicet Georges Dologuélé, sur le terrain politique, n’est pas n’importe qui dans ce pays, qu’on le vaille ou non, il a déjà sa place dans l’histoire mouvementée de la Centrafrique : président de l’une des rares formations politiques les plus crédibles, député de la nation depuis une douzaine d’années, trois fois second à l’élection présidentielle, ancien Premier ministre et plus intéressant encore, on ne connait pas en lui de germe d’une rébellion armée comme chez les Armel Sayo et consorts. Traité tout le temps de tous les noms d’oiseaux, trainé régulièrement dans la boue, il ne vexe jamais pour autant dans l’inélégance et la sauvagerie verbales comme bon nombre de ses adversaires. Même s’il considère le régime actuel comme « un ramassis d’incapables », il habille toujours ses propos dans une sorte de courtoisie d’un gentleman.
Par contre l’ancien Premier ministre est loin d’être un saint à qui il faut dérouler le tapis rouge, offrir des cadeaux en lui caressant dans le sens du poil ; bien au contraire. Autant il donne des (vrais et bons) coups à la régulière ; autant il doit aussi en recevoir (de vrais et bons) de la part de ses adversaires et aussi à la régulière. Dans le cas d’espèce, ses vrais adversaires ne sont pas ses anciens camarades de sa formation (URCA) qui l’ont abandonné pour joindre d’autres camps, celui du pouvoir pour certains. Son adversaire principal et direct c’est bien évidemment le régime qu’il n’hésite pas à démolir au moyen d’arguments plus ou moins pertinents à la moindre occasion et certains médias (Ndéké Luka et Rfi pour ne pas les nommer) servant d’abord (qu’on se le dise) les intérêts suisse et français lui accordent régulièrement et largement (à juste titre), l’espace nécessaire. En revanche, le pouvoir ne doit pas rester les bras croisés sur ce terrain de la communication politique. Chez Anicet Georges Dologuélé, résident plein de failles sur lesquelles ses adversaires peuvent taper dur : tout laisserait croire qu’il est « prisonnier » de la vieille époque à cause de ses présumées accointances avec des lobbies parisiens longtemps prédateurs des ressources naturelles du pays. Selon certaine thèse, Dologuélé au pouvoir, il mettrait rapidement en cause l’excellent travail des alliés sur le terrain sécuritaire pour revenir à la case départ avec la mère-patrie (France), laquelle a échoué sur toutes les lignes dans l’émancipation, la sécurité et le développement de la Centrafrique, malgré d’interminables « aides » » depuis l’indépendance. « Aides » qui reprennent d’ailleurs la direction inverse au moyen de détournements massifs, encouragés en sourdine par qui on sait.
Des juristes affirment qu’un passeport ne donne pas droit à la nationalité. A ce que nous sachions, Anicet Georges Dologuélé n’est pas François Bozizé ou Armel Sayo, des rebelles ayant un grand volume de sang de leurs compatriotes sur leur conscience. Cette histoire de passeport est un faux sujet ; et on aime bien perdre le temps sur des futilités qui ne nous font pas avancer. Le pays est en pleine (re) construction, toutes les forces devraient se dirigées vers des œuvres de premières importances ; mais que voit-on ? Les discours du Chef de l’Etat sont jetés au placard et les faux sujets prennent le pouvoir chez certains ; perdre notre énergie sur un petit carnet qui coûte 50.000 F ne nous honore pas. Délivrez un passeport à Monsieur Dologuélé et le ciel ne va tomber.
Par Gilbert G. Mbakop (éditorialiste, Tel : +236 72 06 50 12 / 75 54 64 94, courriel : mbakopgilbert20gmail.com)

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