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Le troisième témoin est passé à la barre la semaine dernière, c’est le tour de Mme Michelle Bengba, une femme élégante dans ses différentes tenues vestimentaires, comptable de profession, mère d’enfants, le langage qui force l’attention. Arrêtée « abusivement » juste après l’incendie du super Marché Rayan en 2010, on lui colle des motifs (association de malfaiteurs, incendie volontaire…) qui l’amusent encore aujourd’hui; mais peuvent intéresser les acteurs de ce procès dans la mesure où son arrestation à l’insu de sa famille, se termine par un transfert à la prison de Bimbo puis déportée la nuit dans le camp d’instruction militaire de la Garde présidentielle de Bossembélé, le sinistre lieu de torture de l’ancien régime actuellement en jugement à la Cour pénale spéciale (CPS).
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Elle y est restée 48 jours, dans des conditions inhumaines ; elle accepte témoigner à visage découvert mais avoue avoir « peur pour sa sécurité. » déjà qu’elle déclare à la Cour souffrir d’hypertension suite à de nombreuse tortures subies durant sa détention. Au cours de son interrogatoire et contre interrogatoire, la dame qui exige que la justice lui soit rendue par une réparation s’est montrée à l’aise, n’esquivant aucune question. De tous les accusés, le témoin dit reconnaitre Vianney Semndiro, lequel était le chef (aimant à son égard) du Centre. Ce dernier n’a pas manqué de la remercier chaleureusement d’avoir tout au long de l’exercice, dit la « vérité » le concernant.
Toujours lors de son audition, la Cour procède à la projection des procès-verbaux de détention et du certificat de libération produits au dossier. Interrogée par le Président de la Cour, elle admet ne pas avoir entendu les propos tenus par François Bozizé lors de sa visite au magasin Rayan. À la question du Parquet spécial, elle confirme que le capitaine Vianney Semndiro ne leur avait jamais notifié les motifs de leur arrestation, se limitant à indiquer que sa mission consistait uniquement à assurer leur garde. Elle affirme également avoir eu connaissance du passage de Charles Massi à Bossembélé, là où l’affaire qui porte ce nom tire l’un de ses fondements. Le public peut souffler car l’affaire est renvoyée au 11 août prochain.
Récit : Gilbert Mbakop
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