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Centre d’instruction militaire de la Garde présidentielle de Bossembélé : « L’entrée ici est facile mais la sortie est difficile ; dès lors que tu entres, tu ne sors pas vivant… »
L’Histoire se répète en Centrafrique: deux anciens présidents de la République, renversés puis jugés par les tribunaux de leur pays. Hier l’empereur (…) Bokassa pour la brutalité de son régime et aujourd’hui Bozizé pour la cruauté de son régime et de sa famille biologique envers les populations. Le scénario est le même : partis de leur position extrême au sommet de l’Etat (palais présidentiel) pour finir dans la peau d’un chien mouillé et la queue entre les jambes devant les juges… avec une légère différence : Bokassa, avec le courage d’ancien combattant de la 2eme guerre mondiale, affronta certaines de ses victimes devant la justice ; contrairement à François Bozizé, un général d’armée peureux et lâche qui fuit la justice.
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Ses hommes sont bien présents dans le box des accusés dans l’affaire dite « Bossembélé » qui se déroule à la Cour pénale spéciale. Une affaire qui n’est pas étrangère à l’actuel ministre des Transports, Gontran Djono Ahaba. Lui qui avait été arrêté à Bangui, transféré et torturé dans ce lieu de détention arbitraire où il en est sorti vivant, miraculeusement. Le procès s’est ouvert mardi, 16 juin et retransmis en direct et/ou en différé sur les antennes de la Radio nationale et celle de la Mission onusienne (Guira FM).
Les hostilités commencent dans une belle ambiance
Une semaine avant, une audience s’était déjà tenue et consacrée à l’examen des exceptions soulevées par les conseils de la Défense ; les avocats des accusés invoquaient à cette occasion le principe de légalité des délits et des peines, la non-rétroactivité de la loi pénale et l’application de la loi pénale la plus favorable. Et le ministère public de retorquer en rappelant que la Cour pénale spéciale étant une juridiction hybride, elle est bien placée et compétente pour dénicher des crimes graves commis depuis 2003, l’année où le clan Bozizé entrait dans la capitale centrafricaine avec les armes ; après avoir semé la désolation partout surtout dans l’arrière-pays. Certains méfaits de l’ancien homme fort de Bangui qui intéressent aujourd’hui la justice sont prévus par les instruments juridiques internationaux ratifiés par la République centrafricaine. « Le principe de légalité est respecté dès lors que les crimes qui lui (et à ses co-accusés) sont reprochés sont définis par le Statut de Rome, ratifié par l’État centrafricain avant la commission des faits. » rappel à bon escient d’ailleurs Me Samuel Dangassa de la Partie civile.
Plus de deux jours pour lire les chefs d’accusation
Ce procès se déroule avec une curiosité pour le public : une salle de repos, spécialement aménagée pour accueillir l’accusé Eugène Barret Ngaïkosset (photo ci-contre), malade, visiblement fatigué, se déplaçant soit avec des béquilles soit sur une chaise roulante. Contrairement à ces trois co-accusées et sans surprise, François Bozizé Yangouvonda n’a pas répondu à l’appel et à la présentation des protagonistes de cette affaire dans la salle d’audience. Son conseil, Me Edith Douzima, habituée des grandes plaidoiries (Cour pénale internationale par exemple) doit devoir batailler dur pour le sortir de cette situation où il risque gros, une peine capitale. Deux jours n’ont pas suffi au greffier pour lire le volumineux rapport des faits, (nombreux chefs d’accusation). De sa longue lecture des évènements douloureux, une triste vérité, résumée à elle seule dans une phrase, tirée du témoignage d’une victime : « Bossembélé, symbole de la torture, de la brutalité du clan Bozizé » en d’autres mots le fameux centre d’instruction militaire de la Garde présidentielle de Bossembélé n’était qu’n terrible instrument de terreur au service de son régime.
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