Bruits de couloir à la CPS/Témoignage : Voilà un autre qui ne rate pas François Bozizé, le « propriétaire de la prison militaire de Bossembélé »

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Lentement mais sûrement, et de 11 (nombre de témoins) dans cette affaire dite « Bossembélé » à la Cour pénale spéciale. Le principal accusé et ancien homme fort de Bangui, Francois Bozizé, est toujours en fuite. Hier, durant son règne autoritaire, il était tout puissant ; mais les séléka sont venus lui rappeler que chacun a son tour chez le coiffeur. Bozizé n’a toujours pas le courage d’affronter la justice de son pays; le dernier témoin, en occurrence, Boris Kevin Guerret, ainsi que tous les autres déjà passés à la barre, dirigent tous leur colère contre lui en l’indexant sans demi-mesure comme étant celui-là même qui avait ordonné leur arrestation « arbitraire » puis incarcération dans plusieurs maisons d’arrêt du pays dont le célèbre « Porte rouge » à Bossembélé.
Après quelques jours de pause, le procès de François Bozizé et de ses trois coaccusés (Ngaikosset, Danboy et Semndiro) a repris hier, jeudi, 15 octobre, avec le témoignage, l’interrogatoire et le contre interrogatoire de ce témoin se définissant comme victime. Ceux qui ont manqué cet exercice ouvert au public, n’ont rien perdu puisque le témoin du jour, qui va fêter son 44eme anniversaire le 29 octobre prochain n’a fait que répéter (sans le savoir, une coïncidence donc) ce dont ses devanciers ont déjà dit, à savoir : maltraitance, conditions d’arrestation et d’incarcération effroyables, absence de visites familiales et tortures morales.
L’agent de maintenance à l’ONI qu’il est devenu aujourd’hui annonce qu’au moment de son arrestation, le 10 juillet 2010, à 09 heures par des gendarmes, il exerçait, depuis une dizaine d’années, le métier de fleuriste devant le bâtiment de « Bangui 2000 », abritant le super marché Rayan, attaqué par le feu, ce qui selon lui est l’objet de son arrestation ; ce dernier accuse un certain Koya Willy de l’avoir dénoncé de manière « fantaisiste ». Comme les autres témoins passés avant lui à la barre, Boris Kevin n’a apporté aucun élément nouveau pouvant incriminer les trois accusés dans le box (photo), toute sa colère est réservée exclusivement contre un seul homme : Bozizé.
Le président de la Section d’assises, Aimé-Pascal Delimo donne rendez-vous au public pour le lundi, 19 octobre pour la suite de cette affaire qui écrit déjà une page dans l’histoire d’impunité en Centrafrique du fait qu’un ancien Chef de l’Etat est l’accusé principal dans une affaire de crimes contre l’humanité et autres. Lundi donc un autre témoin viendra aussi raconter religieusement sa part de mésaventure du régime « brutal et cruel » de François Bozizé.

Récit : Gilbert Mbakop

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