Crise transfrontalière. Centrafrique / Tchad, les vieux démons ressurgissent; mais l’époque n’est plus la même

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« Pays frères », « deux peuples partageant les mêmes us et coutumes »… le narratif des diplomates de la CEMAC est doux mais n’aurait rien à voir avec la réalité

C’EST l’histoire de deux pays que la diplomatie qualifie de « pays frères » ; voisins, le Tchad et la Centrafrique partagent forcément les mêmes us et culture au niveau de leurs longues frontières communes, les relations de bon voisinage ne sont malheureusement pas saines depuis de nombreuses décennies. Cette fois-ci, une autre histoire nous renseigne que les rebelles centrafricains ont toujours eu une base-arrière sur le sol tchadien à chaque fois qu’ils décident de prendre le pouvoir par la force à Bangui. Trois présidents centrafricains ont été renversés par des coups d’état ; leur conception et leur mise en œuvre ont toujours pris leur source au-delà de la frontière, en territoire tchadien. Bokassa a perdu sa couronne d’empereur en 1979 du fait que les putschistes rebelles étaient partis de Libreville et transiter par Ndjamena pour venir semer les germes du pillage dans l’esprit des centrafricains avec cette obscénité appelée « grâce à Dacko ». Le malheureux Felix Patassé s’est vu chassé du pouvoir par des rebelles venus du Tchad et conduits par un certain François Bozizé. Ce même Bozizé s’est vu à son tour chassé de son poste de Chef de l’Etat par des rebelles, toujours en provenance du Tchad : trois ordres constitutionnels ainsi renversés avec la complicité passible donc coupable des autorités de Ndjamena, a la demande certaine d’une puissance étrangère que l’on sait. Ndjamena a toujours laissé faire si ce n’est de s’impliquer directement. L’armée centrafricaine n’était alors qu’un ramassis tribal, mal forcée et mal équipée, un tigre en papier en somme.
L’Armée centrafricaine (FACA) a, depuis l’arrivée de Faustin Touadéra, gagné en puissance ; et le territoire centrafricain n’est plus cette cour de récréation où n’importe quel rebelle ivre viendrait montrer ses talents de massacres et de pillage de masse.

Pendant près de 50 ans, ça venait toujours du côté du Tchad… les FACA disent « stop », ça suffit maintenant

Chez les diplomates de la CEMAC, le narratif est doux : pays frères,  pays amis, unis par l’histoire, deux peuples unis par le même destin, etc. mais dans la tète de certains qui se laissent facilement manipuler par l’extérieur, c’est autre chose.  Ces deux peuples paient les conséquences du statut de « valet » d’une capitale occidentale pour certains de leur dirigeant. Nourredine Adam le professionnel de la rébellion joue le porteur de sac pour le sale boulot
« Le torchon brule et la tension est montée entre Bangui et Ndjamena » depuis une semaine. C’est ce qu’un média occidental, voix du maître, agissant toujours comme un croque-mort quand ça n’arrange pas les intérêts du son maître, a trouvé pour commenter l’incident du 10 octobre 2026 à la frontière entre les deux pays. C’était en fait l’Armée centrafricaine, appuyée par des alliés russes qui rappelait aux ennemis de Centrafrique que l’époque a changé et qu’elle (cette armée) n’est plus là pour rigoler avec la sécurité du pays qui a tant souffert entre les mains des bandes de voyous venus au-delà des frontières nationales. Apres avoir administré une correction, créant la débandade dans le camp ennemi, cette armée a usé de son droit de poursuite jusqu’à dans la localité d’Abnabak, en territoire tchadien, zone de Tissi. Cette poursuite est considérée comme légitime défense et le gouvernement tchadien dans ses trois demandes principales à savoir : explications précises sur l’incursion signalée sur son territoire, respect de sa souveraineté, son intégrité territoriale et la sécurité de ses habitants et garanties contre la répétition des incidents, tout ça accompagnés d’une ferme mise en garde à Bangui. Le faisant pour sauver la face ( ?), les autorités tchadiennes savent bien que c’est un droit international valable, reconnu. Des opérations terrestres et des frappes aériennes se sont d’abord passées dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est du pays. L’objectif annoncé par Bangui était de prévenir une attaque de groupes armés particulièrement le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dont le chef n’est autre que Nourredine Adam, recherché par la justice internationale. L’Alliance du sursaut patriotique est également mentionnée dans les comptes rendus de l’opération. Le bilan communiqué par N’Djamena fait état de plusieurs blessés graves parmi les « militaires et les civils.»

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Les réalités sur le terrain soulèvent des questions qui fâchent….

La Centrafrique et le Tchad partagent une longue frontière, plusieurs zones sont difficiles à surveiller et les groupes armés peuvent exploiter ces espaces pour se déplacer, se cacher ou chercher des soutiens, d’où ce 1er questionnement :

les deux voisins sont-ils en bon termes comme vante leur  diplomatie respective ?

Pas du tout, les relations sont aussi marquées par des accusations réciproques d’ingérence. En 2021, le Tchad accuse des forces centrafricaines d’avoir attaqué un de ses postes avancés et tué dix de ses soldats. Cet épisode a également alimenté les tensions entre les deux capitales. En juin 2026, après l’attaque d’Am-Dafock, côté centrafricain, Bangui accuse N’Djamena d’avoir soutenu les groupes armés responsables. Le Tchad rejette ces accusations.

Pourquoi la Force mixte de surveillance n’a-t-elle pas empêché cet incident ?

La RCA et le Tchad avaient renforcé les mesures pour la sécurité frontalière en septembre 2025 en mettant en place une Force mixte de surveillance de leur frontière commune, avec l’objectif de renforcer la sécurité et de mieux coordonner leurs actions. Ces accusations de part et d’autre ne prouvent pas, à elles seules, une implication directe des deux pays dans les activités des rebelles. Le problème de fond est celui d’une frontière où l’insécurité nourrit la suspicion et où chaque opération militaire peut être interprétée comme une menace par le pays voisin.

Pourquoi alors ce dispositif  n’a-t-il pas empêché l’escalade ?

Plusieurs facteurs donc le partage des renseignements qui ne serait pas évident selon certaines sources dans la mesure où des forces hostiles, externes manœuvreraient à l’ombre. Le Tchad est encore sous l’influence française ce qui rendrait très méfiants les alliés russes et rwandais. Comment comprendre qu’après cette affaire dont les autorités de Bangui disent avoir les preuves d’une attaque de grande ampleur en préparation afin de déstabiliser le pays, voire renverser l’ordre établi que Deby (fils) se précipite à Paris? Certains ont vu dans ce déplacement un motif de suspicion quant à la déstabilisation de son voisin. Ce même Deby est   honni par les Etats du Sahel, toujours accusé de jouer le jeu des déstabilisateurs, membres de l’OTAN.
Dossier de la rédaction sous la coordination de Gilbert G. Mbakop

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