On connait déjà les Ngaïssona, Yekatom, Nourredine Adam… le tour des autres c’est pour bientôt (?)
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Des innocents ont été tués et se font encore tuer, des biens d’autrui saccagés et volés, l’heure de la justice approche. En une vingtaine de mois, des milliers de centrafricains ont payé de leur vie le prix de la haine et de l’intolérance. L’atelier dit de concertation préparatoire à la reprise d’un dialogue politique national en Centrafrique, dont les travaux ont été lancés par Madame la présidente, la semaine dernière veut faire comprendre à tous que « seule la lutte contre la mal gouvernance, l’injustice et l’impunité pourra aider la RCA à sortir définitivement et durablement des crises à répétition qui ont conduit son pays au fond du gouffre. » Cet atelier de trois jours a regroupé une trentaine de personnalités représentant toutes les sensibilités et des compétences reconnues du pays. Pour cette population trahie depuis toujours par des leaders ne voyant pas plus que le bout de leur nez, cette paix et cette réconciliation tant souhaitées ont des allures d’un serpent de mer. Les résultats de cet atelier n’étant pas encore connus, l’optimisme d’Alexandre Liebeskind, le directeur du Bureau Afrique du Centre pour le dialogue humanitaire (CDH) de Genève, présent aux assises, est loin d’être partagé par cette population qui ne vit que dans le désespoir.
En kiosque:
Des vendeurs dans la rue cèdent à des prix cadeaux des CD-ROM contenant des images (qui ont déjà fait un tabac sur la toile) montrant des gens brandissant leur trophée de guerre qui n’est autre que des parties d’un corps humain encore fraiche. Pire : choquées, des âmes sensibles se montrent bouleversées en voyant aussi un individu sur ces mêmes images mangeant ce que la foule l’entourant estime être la chair humaine. Vous avez dit cannibalisme ? Scandaleux ! Papa Boganda, où es-tu ? Tes enfants sont devenus fous ! En attendant la justice de Dieu ou Allah (c’est selon), le gouvernement centrafricain, vient de saisir la Cour Pénale Internationale (CPI) « aux fins d’enquêter sur des différents crimes en RCA depuis le 1er août 2012 et relevant de sa compétence » annonce la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mme Isabelle Gaudeuille. « Les multiples cas de crimes contre l’humanité et autres odieuses violations généralisées des droits de l’homme perpétrées dans notre pays depuis 2012, ont ému la communauté internationale ». Lance -t-elle encore. La procureure de la CPI (une africaine) qui, après plusieurs déclarations tenues l’année dernière, a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur les violations des droits de l’homme en Centrafrique. Les autorités de la Transition peuvent se féliciter de la décision de la CPI, mais les premières victimes que sont les populations, qui ne sont pas en reste, attendent impatiemment qu’on leur rende justice et réparations. Les portes de la prison de la Haye sont (déjà) ouvertes à de nombreux centrafricains aux mains tâchées de sang de leurs compatriotes.
PS: A l’occasion de la Journée de la Justice Pénale Internationale et suite aux tristes évènements survenus à Boali, la semaine dernière nous faisons un tour dans nos archives : cet édito (extrait) est une reprise, nous l’avons publié pour la 1ere fois le 14 juin 2014

