Bien qu’étant pour l’instant libre de ses mouvements, le sort de l’ancien élu local ne dépend pas de lui
Les débats contradictoires se poursuivent à la Cour pénale spéciale à un rythme infernal. Après le passage du vieillard François Boybanda (le plus âgé des six accusés), Philémon Kahena alias CB a pris le relais pour nier toutes accusations portées contre lui. Celui qui se définit comme pasteur de l’église apostolique de Guen et président des jeunes du même village au moment des faits arrive toujours dans la salle d’audience les mains chargées d’un document et des allures de pasteur prêt à prêcher. Il ne se fait pas prier pour avouer à la partie poursuivante connaitre Edmon Beheina, le principal accusé dans cette affaire de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, survenus dans la préfecture de Gadzi (nord-ouest de la Centrafrique) en début de l’année 2014, dont la communauté musulmane a perdu un lourd tribut. Cet accusé qui parle bien la langue française (mais préfère s’exprimer en langue Sango) a choisi sa ligne de défense : « Confusion sur sa personne » aime-t-il à répéter à la cour.
La semaine s’ouvre avec la suite de l’interrogatoire de fond d’un autre accusé, commencé vendredi dernier. Cet accusé n’est autre que Dieudonné Gomitoua, ancien député de la localité ; il comparait libre. Père de neuf enfants (6 vivants) et veuf, il reçoit d’entrée, du renfort non pas de son avocat Me Mocpat mais d’un autre accusé en la personne de Philémon Kahena, qui voit en lui l’une « des personnes ayant cherché des solutions afin de protéger les civils musulmans réfugiés chez le chef Ali Garba. » Ce dernier serait à ce jour installé au Cameroun. L’audience du mardi s’est ouvert et consacré à l’interrogatoire du dernier accusé présent dans le box: Edmond Beheina.
Récit: Gilbert Mbakop
Publicité:

