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Les trois premiers mois de procès leur étaient favorables ; les charges « significatives » commencent déjà à tomber sur les têtes de ces accusés présents dans le box
Depuis l’ouverture en juin de ce procès, toutes les flèches étaient toujours dirigées contre l’accusé principal, en occurrence François Bozizé (jugé par contumace). Il a fallu les passages des deux derniers témoins pour que les accusés Vianney Semndiro et Eugène Barret Ngaïkosset (photo, « le boucher de Paoua » pour certains) voient leur sort commencer à vaciller en prenant une mauvaise direction, celle des charges à supporter durant tout le long de ce procès. Darius Dalia, le régisseur de la prison civile de Bossembélé, n’a pas loupé Semndiro. Ce dernier l’aurait « violenté au sein même de cette maison pénitentiaire non sans lui avoir confisqué définitivement son téléphone. » C’est le tour de Ngaïkosset de recevoir en plein figure le carton rouge de colère de Mahamat Salet Fall, le 14eme témoin. Celui-ci se dit aussi victime.
Âgé de 41 ans et chauffeur de profession, il se fait embarquer, en février 2013, dans un pick-up sous ordre de l’accusé Ngaïkosset dans le 8eme arrondissement devant le domicile de joseph Kalité, membre du gouvernement à l’époque. Pour quel motif ? Ses explications sont sans équivoque :
« J’ai eu tort d’être le chauffeur de Joseph Kalité, mon oncle maternel ; ministre originaire de la Vakaga (donc de l’ethnie Goula) et connu pour être militant du parti politique MLPC. De son retour de la mosquée centrale, il se fait tuer à coup de machette en plein jour aux environs du commissariat 8eme par des anti balaka. Pour ces derniers, les musulmans (fut- il ministre en fonction) étaient la cible des proches farouches du régime vacillant de François Bozizé.
« Au lendemain de cette tuerie sauvage, une patrouille descend dans ce quartier à la recherche des « complices » de celui-là qui était ministre de l’Habitat en fonction. Il faut dire que, tous les Goulas sont vite assimilés aux séléka ; ce groupe rebelle était alors en marche sur Bangui.
« Je suis donc arrêté au milieu d’une foule, doigté par Ngaïkosset ; conduit d’abord au Camp De Roux ; puis transférer nuitamment le même jour à Bossembélé, sous ordre de ce même Ngaïkosset. Une fois arrivé à destination finale, je suis placé dans une prison en compagnie de deux autres musulmans : Abdoulaye Ahmat et Yaya Idriss. »
C’est effectivement à l’arrivée de la prise du pouvoir des séléka, le 24 mars 2013, qu’il recouvre sa liberté, au même moment que l’ensemble des autres prisonniers, musulmans et chrétiens. Le public et la Cour sont confus lorsque ce témoin se perd dans les différents chiffres et dates : Dans l’une de ses dépositions antérieures, Il déclare qu’on lui avait ravi la somme de 38.000 F au moment de son arrestation ; mais devant la Cour, il parle plutôt de 14.000. Et en plus, il se trompe de la durée de sa détention ; puisqu’il dit avoir passé trois mois en geôle ; alors qu’il « était arrêté le 26 février 2013 ». « Pourquoi toutes ces déclarations contradictoires ?» lui lance le substitut international Alexandre Tindano, en guise de question. Et le témoin (faut-il le préciser était le chauffeur d’un ministre en fonction, assassiné en plein jour dans un climat polluée par l’avancée d’une rébellion armée sur la capitale) trouve la période « assez longue » pour ne pas bien se souvenir de certains détails. Cette audience consacré à ce témoin est perturbée par; absence d’électricité et pire, grande inondation de la galerie réservée au public, suite à la forte pluie s’abattant sur la ville capitale.
Compte rendu : Gilbert G. Mbakop
