CPI/VERDICT. Et si, en termes de crimes graves, la condamnation (probable) de Mahamat Saïd Abdel Kani mettait à égalité parfaite les séléka et les anti-balaka ?

A lire aussi:

Le dossier Centrafrique à la CPI est rempli de noms célèbres

La phase de déclarations de clôture étant achevée, Mahamat Saïd Abdel Kani, en larmes comme une pleureuse attend le verdict de la CPI

Deux chefs rebelles centrafricains sous le feu de l’actualité : l’un signe des accords de paix pendant que l’autre affronte le procureur de la CPI

L’ancien chef rebelle Centrafricain Edmond Beina « voulait » la CPI ; mais c’est bel et bien la CPS qui va s’occuper de son procès

Les sanctions américaines contre des magistrats de la Cour pénale internationale (CPI) sont mal perçues en Centrafrique

Et si le 24 juillet 2025 à la Cour pénale internationale (CPI) devenait « Jour de justice » pour les victimes des tristes évènements de 2013/2014 en Centrafrique ?

Le sort qui attend ce grand chef de la nébuleuse séléka appartient au miracle ; si non, il ramasserait une lourde peine… comme les Ngaïssona et consorts

C’ÉTAIT un long match dans le sang et les destructions (2013-2018) à grands enjeux politico militaires qui avait mis aux prises deux équipes : les Séléka et les Anti-balaka, d’obédience « musulmane » et « chrétienne » ; la république centrafricaine était alors le théâtre d’une violente confrontation qui a risqué tourner au génocide. Au cours de ce jeu de massacre à grande échelle, une frange de la population fut terrorisée et des actes d’antijeu, assimilables aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité furent relevées. La communauté internationale, à travers la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République entrafricaine (MINUSCA), est intervenue pour siffler la fin du massacre mutuel.

En kiosque:

Le match sur le terrain étant achevé, c’est désormais l’heure des comptes ; et c’est la « chambre d’homologation » (la Cour pénale internationale) qui s’en charge pour établir les responsabilités : les premières sanctions sont déjà connues : l’Équipe A, les anti-balaka, première à passer au conseil de discipline, a vu certains de ses leaders sévèrement sanctionnés : Alfred Yekatom et Patrice Ngaïssona écopent de lourdes peines (12 et 10 ans de prison ferme). Au regard des faits, ils s’en sortent mieux car cette juridiction applique la perpétuité dans les circonstances les plus graves ; si ce n’est la peine maximale, fixée à 30 ans.
L’heure est au verdict de l’un des acteurs majeurs de l’Équipe B : la Cour pénale internationale s’apprête ainsi à rendre public (le 23 septembre) le verdict quant au sort de Mahamat Saïd Abdel Kani, accusé de graves exactions commises pendant cinq mois (entre le 12 avril et le 30 août 2013) contre des personnes détenues à l’Office centrafricain de répression du grand banditisme (OCRB). Les Séléka régnaient alors en maître et se donnaient un vilain plaisir de décider quel sort réservé aux partisans de François Bozizé, renversé par un coup d’Etat dans le sang, le 23 mars 2013. Les accusations portées contre lui ont été déjà débattues de manière contradictoire à la Cour, c’est le 23 septembre 2026 sur les antennes des radios publique et onusienne (Guira FM) que le public parmi lequel de nombreuses victimes connaitra son sort. D’ici là, les invitations, au moyen des gigantesques affiches sur des principaux artères de la capitale sont déjà portées au grand public. L’ambiance du côté des partisans des antibalaka est à la joie, eux qui ont toujours estimé que la CPI ne « poursuit que des Chrétiens » dans ce conflit meurtrier que de nombreuses générations de centrafricains n’oublieront pas de sitôt. Le rendez-vous est pris : mardi 23 septembre, à partir de 11 heures sur les Radios nationale (probablement) et Guira FM (Nation Unies), les victimes sauront si Mahamat Saïd Abdel Kani doit rester en prison comme ses « amis » (dans le mal) que sont Alfed Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona.
Récit : Gilbert G. Mbakop

Publicité :

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *