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Léon Dodonu-Punagaza est l’ambassadeur de la Centrafrique en Russie; dans un entretien publié par un quotidien russe (Izvestia) à lui attribué, il y ressort qu’une base militaire russe serait installée sur le sol centrafricain d’ici peu. Cette base militaire pourrait accueillir jusqu’à dix mille hommes. L’époque où des mercenaires pouvaient décoller nuitamment d’une base militaire quelque part en Afrique centrale pour mener facilement un coup d’État à Bangui et placer un guignol comme président à la solde de ses maîtres est révolue. La Centrafrique depuis l’indépendance totalise près d’une douzaine de coups d’État réussis et/ou manqués et à l’arrivée : un pays classé parmi les plus misérables de la planète, une économie en lambeau après tant d’années de guerre civile, pire : un seul centrafricain sur dix ayant l’électricité et Internet, selon l’ONU.
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Tous les 10 ans : le cycle des obscurantistes
N’importe quel illuminé armé et téléguidé par des officines mafieuses pouvait (et croient encore) réunir des drogués et tout en rang serré, prendre le pays à partir des frontières nord puis, en descendant brutalement à Bangui, brulent, cassent, tuent sans pitié sur leur passage ; et une fois dans la capitale organisent un grand concours de pillages de masse. Qui n’a jamais entendu « c’est grâce à Dacko » ? Une expression fabriquée pendant et après le coup d’état ayant ramené David Dacko au pouvoir au détriment de Bokassa ?Cette expression/conception doit être bannie à jamais de notre vocabulaire. La reconstruction du pays saute aux yeux de tous : même des pires aveugles voient des nouveaux et nombreux bâtiments pousser partout comme des champignons, l’heure est à la reconstruction et l’exemple vient d’en haut : que ça plaise ou non, les autorités travaillent malgré des pesanteurs endogènes et exogènes les plus imaginables.
Trois enseignements (au moins) sur la présence militaire russe :
1) il serait désormais quasi impossible qu’un autre François Bozizé passe par des frontières tchadiennes pour venir déstabiliser l’Ordre constitutionnel ;
2) On ne verra plus des avions militaires en provenance de Libreville avec un nom bizarre (barracuda), atterrir sans autorisation à Bangui comme si c’est le champ colonial de ses occupants ; et
3) les pays frontaliers vont désormais réfléchir par cent fois avant de laisser prospérer des rebelles sur leur sol avec pour but d’attaquer la RCA.
PS : la sortie sur les réseaux sociaux d’une grande figure politique du pays où il rappelle aux chers aventuriers qu’ils trouveraient la fureur de Poutine sur le chemin, nous fait réchauffer cet vieil édito, publié le 10 juin 2023.
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