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Attaque armée d’Am-Ndafock : à quelque chose le malheur est bon… que faut-il retenir de cette agression, 72 heures après ?
On connaissait déjà Ndélé, voilà la ville d’Am-Ndafock qui entre, elle aussi, dans le registre des villes martyrs. Elle met en évidence les défis sécuritaires persistants des populations civiles aux frontières avec le Soudan et la présence de groupes armés dans la préfecture de la Vakaga. Dans la nuit du 30 juin, une grande attaque menée par des hommes armés en provenance de l’autre côté des frontières avec le Soudan a fait des dégâts considérables : trois morts et une vingtaine blessée au sein de la population civile en plus d’éléments des Casques bleus. Une chaine de télévision française, dans son rôle de partisan amplificateur des faits (suivez notre regard) a parlé de « prise de la ville par des rebelles ». Il est inutile de tergiverser sur l’identité des auteurs : qu’il s’agisse des combattants du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Noureddine Adam (recherché par la CPI) ou d’autres éléments venus du Soudan, il est temps qu’on se pose de vraies questions en rappelant quelques vérités dérangeantes.
Le défunt chanteur émérite Manu Dibango disait que l’ennemi ne dort jamais. La présence des alliés et leur formidable rendement sur le terrain sécuritaire n’est pas un blanc-seing pour baisser la garde. Des sources (encore à vérifier) rapportent le séjour de Nourredine Adam en France quelques jours avant l’attaque d’Am-dafock et son passage par la ville de Ngaoundéré (Cameroun) après un autre séjour au Tchad. Une nouvelle rébellion dénommée Alliance pour le Sursaut Patriotique (ASP) donc ses leaders ne seraient pas étrangers des Centrafricains (Nourridine Adam, entre autres) serait déjà en activité, soutenue probablement par une puissance étrangère que des ressortissants de la Région de Fertit (qui sont déjà montés au créneau pour dénoncer cette attaque lâche) ne sauraient ignorer.
4, 5, 6 voir une dizaine d’hommes armés autour des domiciles privés : indécent
A quelque chose le malheur est bon, le drame survenu à Am-Ndafock a le mérite de mettre à nu et au grand jour nos mauvaises habitudes: l’ennui c’est ces domiciles privés devenus des véritables bases militaires dans nos cités, une autorité fût-elle ministre (ou chef d’une grosse boite privée) dont le domicile compte 3, 4, 5 voire une dizaine d’hommes lourdement armés montant la garde autour de sa famille, c’est prétentieux, indécent, narquois et méprisant d’abord pour le voisinage et pour l’ensemble du pays qui manque cruellement d’effectif dans les rangs des Forces armées et de Sécurité publique. Regardez bien leur domicile, transformé en une sorte de forteresse ou alors un bunker injustifié. Cela va certainement mettre beaucoup mal à l’aise, c’est de leur droit le plus absolu; mais le nôtre, c’est de bousculer les lignes, ramener les uns et autres sur terre. Tant mieux si cela peut changer une mauvaise pratique. Sans d’autres recrutements, il serait possible d’avoir des bases militaires à Birao, Ndélé, Am-Ndafock ; dès lors les rebelles et leurs commanditaires réfléchiraient plusieurs fois avant de tenter une incursion criminelle sur le territoire national.
Par Gilbert G. Mbakop (éditorialiste, Tel: 72 06 50 12; mail: mbakopgilbert20@gmail.com )
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