10 et 20 ans de prison, puis réclusion à vie pour les accusés dans l’affaire dite « Ndélé 2 » : Ça frappe (encore) fort à la Cour pénale spéciale
La ville de Ndélé refait parler d’elle dans la salle d’audience de la Cour pénale spéciale (CPS) après un temps d’arrêt (pause). Suite aux jeux de massacres, joués deux fois (aller et retour) et qui se sont soldés par des attaques meurtrières et contre-attaques, tout aussi meurtrières commises par des groupes armés non conventionnels en mars 2020 ; cette ville du Nord de la Centrafrique, pourtant paisible avant les malheureux évènements est aujourd’hui et malgré elle tristement célèbre. Les juges de cette juridiction hybride se sont saisis de l’affaire et n’ont pas rigolé avec la loi : dans un (premier) procès équitable, les acteurs du « match aller » dont le capitaine, un certain Azor Kalite et ses complices, ont pris de lourdes peines ; on parlait alors de l’affaire dite « Ndélé 1 » mettant en scène le Procureur spécial contre Azor Kalite.
Le réquisitoire du parquet pour le « match aller, Ndélé 1 » ressemble fort bien à celui du « match retour, Ndélé 2 »
« Ndélé 2 » c’est-à-dire le « match retour » (l’autre pan de cette même affaire) mettant toujours et encore naturellement ce même Procureur contre l’autre « capitaine » de la seconde équipe, en occurrence Oumar Serge Abdoulaye et ses co-accusés. Depuis hier, lundi 05 mai, et après quelques semaines de repos, toutes les parties au procès se donnent rendez-vous quotidiennement jusqu’au 09 mai pour les plaidoiries et le réquisitoire de l’accusateur public qu’est le parquet. La salle d’audience affiche complet avec la présence du Procureur spécial adjoint Alain Ouaby-Békai ; et sous la présidence du juge Aimé Pascal Delimo, épaulé par les juges Émile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena.
Le Parquet se dit « convaincu de la culpabilité » de tous les accusés en tant qu’« coauteurs des attaques des 6, 25, 26 et 27 mars 2020. » La conclusion factuelle de l’accusateur se veut claire : « tous ont agi de concert dans le cadre d’un plan visant à affaiblir ou éliminer la faction Goula, dans un contexte de conflit interethnique. » et d’ajouter que « Les preuves établissent un plan structuré coordonné par les chefs militaires du FPRC rounga, la contribution essentielle de chacun des accusés, et le lien direct entre les attaques et les morts de civils par balle ou par le feu, fait qui ne saurait souffrir d’aucun doute. » Contrairement au « match aller » avec le Substitut Alain Tolmo qui en avait la charge, c’est le Procureur adjoint qui a dégainé son arme réquisitoire à l’endroit des accusés :
- 10 ans de prison pour Oumar Serge Abdoulaye Assan, qui est présenté comme le capitaine de la bande;
- 20 ans pour Amat Abakar et Abdramane Seleman ;
- prison à vie pour Abakar Balamane, Assan Adam, Haroun Gueye et Zacharie Mahamat.
A la deuxième journée de cette reprise de la dernière phase du procès, la parole est à la défense pour le déroulé de son mémoire ; et c’est l’avocat d’Oumar Serge Abdoulaye Assan de rejeter en bloc les accusations portées contre son client qui « n’était qu’un mineur à l’époque des faits » et souffrant présentement de problèmes psychiatriques, selon des sources médicales de la Maison d’arrêt. Une partie du réquisitoire du parquet s’est passé sans la présence physique de l’accusé Issene Amat Abakar (alias Amat Younouss, alias Encadreur), victime d’un malaise et conduit hors de la salle d’audience par ses geôliers.
Compte rendu : Gilbert Mbakop (photo : CPS)
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