Qu’il se présente à la barre ou qu’il fuit les juges, l’ancien président putschiste sera bel et bien jugé…même par contumace
L’affaire N° CPS/CHASS/1SA/26-0001 inscrite au rôle de la Cour pénale spéciale concerne un gros client : François Bozizé, l’évocation du nom de l’ancien homme fort de Bangui a la particularité d’irriter bon nombre de Centrafricains victimes de la brutalité de son régime. Les victimes de l’affaire dite « Bossembélé » ne diraient pas le contraire. François Bozizé ainsi qu’Eugene NgaÏkosset, Vianney Semndiro et Firmin Danboy sont appelés à répondre de leurs actes « criminels » à l’endroit de nombreux Centrafricains donc certains sont aujourd’hui décédés de suite de « tortures. »
Mercredi dernier, la conférence de mise en état devant la 1ere Section d’assises s’est tenue à huis clos, mais l’ancien Chef de de l’Etat n’était pas présent dans le box des accusés, contrairement à ses co-accusés donc Vianney Semndiro arrêté depuis au moins deux ans et croupit dans les geôles où sont détenus les « clients » de la CPS. Me Euloge Mocpat figure dans l’équipe de quatre avocats qui se donnent pour mission périlleuse de sauver celui-là même qui est présenté comme la tête pensante et le chef de la nébuleuse CPC, en fuite. Présent ou non, il sera bel et bien jugé même par contumace s’il ne se présente pas à la barre. L’activité à la CPS de cette semaine ne s’est pas limitée seulement à cette affaire ; le public, constitué de quelques membres de la société civile, habitués de la salle d’audiences a eu droit à l’affaire dite « Ndélé 1 » contradictoire et « Ndélé 1 » contumace sur les intérêts civils. Tout s’est passé en absence des avocats de la parties civiles en « mission » dans la localité où se sont déroulés les faits aujourd’hui jugés et dans le cadre dit-on du recueillement des souhaits et observations des victimes.
Déjà repoussé au moins une fois, un nouveau délai est arrêté pour le dépôt des avis des parties civiles et du Service d’Aide aux Victimes et à la Défense (SAVD) sur les intérêts civils; ainsi que le calendrier de dépôt des mémoires en réponse et des audiences. La date du 20 août (prochain) est retenue pour les plaidoiries des parties civiles et les réquisitions du parquet ; et celle du 21 août pour la réplique des avocats suivie (éventuellement) de celle des condamnés.
Compte rendu : Gilbert G. Mbakop (avec la CPS)
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