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Building administratif, symbole de négligence
– Le CPIA de la Banque mondiale, pour 2023 attribuait à la RCA 2,5/6 % pour la qualité de l’administration publique,
– 2,5/6% pour la transparence, la responsabilité et la corruption dans le secteur public, et
– 2,5/6% pour la qualité de la gestion budgétaire et financière.
DES GRANDES affiches contre les mauvaises pratiques dans les services publics sont présentes dans la plupart des ministères ; les messages que véhiculent ces affiches facilement visibles condamnent la corruption, le mauvais traitement des usagers entre autres. Le building administratif représente à lui seul le symbole de tous les maux que porte la Fonction publique. L’édifice est déjà un bijou, vue de loin. Réfectionné par les Chinois il y si peu, c’est un bâtiment de trois niveaux qui abrite cinq ministères ; et porte en lui tout ce donc on peut reprocher aux fonctionnaires : incompétence notoire, inconscience, mauvaise utilisation des ressources publiques, corruption massive et banalisée, absentéisme… Les différents couloirs ressemblent à une rue de quartier, on ne connait qui est usager qui est agent, dans la quasi-totalité des bureaux communs, un excès de tables serrées les unes les autres et moitié vides vous indique qu’il y a un effectif pléthorique. Tout regard curieux ne saurait manquer de constater avec désolation la dégradation déjà avancée de l’édifice : murs noircis portant même des herbes, climatiseurs défectueux ; et dès qu’on pousse la curiosité un peu plus loin, la désolation est à son comble avec les installations sanitaires dans un piteux état où rien n’arrête l’écoulement d’eau du robinet.
En kiosque:
Jacques (nom d’emprunt), regarde sa montre et constate qu’il est 10 heures 47’. Ce jeune très enthousiaste en costume trois pièces a fini ses études à l’université depuis une demi dizaine d’années; il est venu suivre son dossier d’intégration dans l’un des ministères que compte le bâtiment ; il remarque tout mécontent que la fiche de renseignements qu’on lui a donnée après plus de six mois de démarche au quotidien est truffée de fautes et de contre sens, ce qui dénote de « l’incompétence dans la Fonction publique », selon un autre usager sensiblement dans la même situation. Cette incompétence n’est pas seulement propre au Building administratif, elle est aussi présente dans la Fonction publique. la passation des marchés publics est l’un des aspects de toutes ces dérives dans les services publics : très peu de hauts fonctionnaires maitrisent, les procédures ; l’analyse des offres ; les coûts ; les normes techniques ; les contrats et le contrôle de l’exécution, résultat des courses: les pratiques corruptives a grande échelle; le problème devient plus que grave au point où la Banque mondiale inclut actuellement la réforme des marchés publics, la transparence et la responsabilité parmi les priorités de réforme des finances publiques en RCA.
Parce que les procédures dans le système les procédures sont mal connues ; les contrôles sont faibles du fait du niveau douteux de l’agent dans l’ensemble ; les dossiers sont mal documentés ; les responsabilités sont floues ; les sanctions étant rares tout ceci ne peut qu’offrir davantage qu’espace aux abus les plus inconcevables. La Banque mondiale en soulignant de manière générale que des institutions fortes sont associées à une meilleure fourniture des services, à la croissance et à la confiance publique on est en droit de se demander mille et une question qui vont naturellement de soi.
Pourquoi les fonctionnaires sont-ils incompétents ? Pourquoi aussi la Centrafrique manque-t-elle de ressources ou de capacité à transformer ses ressources en résultats ?
Même le citoyen de l’arrière-pays n’ayant jamais mis les pieds dans une école joindrait sa voix à celle des étrangers de la Minusca pour conseiller d’enquêter sur le recrutement, la formation, l’affectation des cadres, l’évaluation des performances, la responsabilité administrative, les contrôles, les sanctions et la numérisation. Sauf que tout le monde le sait mais personne ne lève le petit doigt. On agit comme si on était de passage dans son propre pays.
Etranger dans son propre pays
La base de la Minusca à Ucatex ferait pleurer n’importe qui sauf un centrafricain (?) : à peine rétrocédée aux nationaux, elle est aujourd’hui méconnaissable, puisque pillée de fond en comble en espace de quelques mois par ceux-là qui y travaillent, au vu et su de tout le monde, même des ampoules n’y sont plus et aucune sanction à ce jour.
Dossier coordonné par Gilbert G. Mbakop
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