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Interrogatoire de fond dans l’affaire « Guen » à la Cour pénale spéciale : « le papy s’était illustré dans la vaccination mystique des anti-balaka »
Le Parquet spécial met déjà la pression : prison à vie pour le « chef de bande » et 30 ans pour les autres
Almahaboub Galami Moussa (photo ci-dessous) dans son boubou bleu assorti du badge d’entrée à la CPS est bien présent dans la galerie réservée au public dans l’affaire dite « Guen » ; ce jeune d’une trentaine d’années a pris part à quelques audiences concernant cette affaire. Jusqu’au début de l’annee2014, Il vivait à Guen avec sa famille. Son histoire est horrible : « 13 de mes oncles sur 15 ont été tués dans l’attaque de février 2014, les deux rescapés à savoir Youssouf Abdallah avait reçu 7 balles et Daoud Moussa, aujourd’hui réfugié au Tchad n’a plus tous ses sens car traumatisé, plus de dix après le choc. » affirme-t-il et sans crainte de l’appareil photo du reporter journaliste. « Lorsqu’on a vécu ce genre de drame, on n’a plus peur de rien, écrivez mon nom et publiez mon témoignage avec ma photo à l’appui » insiste-t-il, la mine nerveuse.
Le rideau est tombé, vendredi 11 septembre, sur l’affaire dite « Guen » du nom de ce village tenu par des commerçants dans la Mambéré-Kadeï et pris d’assaut par des éléments armés identifiés comme anti-balaka en février et mars 2014. Pendant près de onze mois de procès, l’accusé principal dans cette affaire, Edmond Beina alias le « général-tueur », avait déjà et d’entrée, demandé à être transféré pour être jugé par la Cour pénale internationale, reconnaissant lui-même de facto que les faits relèvent de faits graves : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, selon le Parquet spécial. Bien avant cela il avait aussi selon son avocat (Me Tabangué) demandé pardon et qu’un prêtre avait même prié pour lui, ajoute son conseil. Pendant deux mois dans la sous-préfecture de Gadzi, notamment dans les localités de Guen, Djomo et Gadzi, le bilan est lourd : près de 90 morts et destructions considérables en quelques jours. Aux côtés du « chef de bande » Edmond Beina dans le box des accusés, François Boybanda alias Baléré, Philémon Kahéna alias CB, Dieudonné Gomitoua répondent présents ; mais Mathurin Kombo (entre temps décédé en prison) et Jean Bahara sont aux abonnés absents, ce dernier est jugé par contumace.
Pendant près de dix mois, la salle d’audience a vu défilé un public parsemé et des témoins devant une Cour dirigée par le juge Aimé Pascal Delimo, président de la Section d’assises. C’est naturellement du côté du Parquet spécial, conduit par le Procureur spécial adjoint, Alain Ouaby-Bekaï que l’atmosphère lourd des débats a révèlé le caractère sérieux et grave de cette affaire.
Points saillants :
Réquisitoires et plaidoiries : Le Parquet spéciale a présenté ses réquisitoires début septembre 2026, marquant une étape cruciale vers la fin des débats.
Demandes de la défense : Lors des audiences de plaidoiries de la défense tenues en septembre 2026, les conseils des accusés (notamment pour Dieudonné Gomitoua) ont demandé l’acquittement, estimant les charges non fondées. Rendez-vous dans trois mois précisément le 15 décembre pour voir si les vœux du Ministère public est conforme et proportionnel aux faits reprochés aux accusés.
Que disent les accusés ?
François Boybanda, identification pénitentiaire N° 011 N (extrême droite)
Devant Dieu je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés et je ne connais pas Beina »
Philémon Kahena, alias CB, identification pénitentiaire N° 48 délaissant pour la 1ere fois sa fameuse bible durant tout le procès (au milieu)
Je suis innocent, je ne suis plutôt victime de la confusion (il fais ainsi allusion à un autre Kahena est cité mais se prénommant Vivien). Je suis chef de l’association des jeunes dans mon village et un chef de ne saurait se transformer en milicien armé »
Dieudonné Gomitoua, comparaissant libre donc en civil (a gauche avec le traducteur de la Cour)
Je remercie Dieu et l’ensemble de la Cour »
Edmond Beina, identification pénitentiaire N° 62
Je n’ai rien à dire juste pour remercier la Cour »
des peines lourdes ont été déjà prononcées par la Cour pénale spéciale à l’encontre des miliciens (Kalite Azor et ses complices), reconnus coupables des faits semblables.
Récit de Gilbert G. Mbakop


