Les Chérubin Raphaël Magba Totama, Hubert Mary Djamany… nous font regretter la vieille époque des médias publics
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Quand nous avons parlé, la semaine dernière, de ces garnisons dans des domiciles privés, certains n’ont pas compris notre démarche. Nous ne sommes pas contre la sécurité de qui que ce soit, surtout pas de nos autorités civiles (ministres) ou militaires dont reposent sur des épaules de lourdes charges pour la construction du pays. La sécurité de nos autorités n’a pas besoin d’extravagance ostentatoire : 5,6… militaires pour un domicile, ça devient une base militaire, une garnison. De mémoire de journaliste, hormis des coups d’Etats et à quelque exception près dans l’arrière-pays, nous n’avons pas connaissance d’une agression d’une autorité, membre du Gouvernement ou d’un haut gradé. En le soulignant, c’est de montrer comment nous avons l’art d’utiliser de la plus mauvaise des manières nos multiples ressources humaines…
La production indigne des médias publics sont là pour nous donner encore raison. Nos illustres aînés de regretté mémoire comme Chérubin Raphaël Magba Totama ou Hubert Mary Djamany (pour ne citer que ceux-là) nous font regretter la vieille époque des médias publics. Au nom d’une quelconque promotion, ces médias sont vidés de leur substance : la Télévision Centrafricaine n’est que l’ombre d’elle-même (coquille vide), la Radio Centrafrique fait de la peine pour ceux qui ont encore le temps à perdre pour l’écouter juste par patriotisme. Tous les meilleurs journalistes fonctionnaires ne sont plus ni à la Télé ni à la Radio encore moins à l’ACAP, enlevés de leur milieu naturel pour des ministères où ils rongent leurs fesses sur des fauteuils de « chargé de Communication » (sic), et pour quel rendement ? Aucun ou presque: combien de ministères tiennent-ils une simple page Facebook mettant à jour ses propres activités quotidiennes ? On n’a rien à attendre d’un professionnel des médias cantonné dans un bureau (astreint à la réserve) et sans aucun calendrier à respecter comme dans une salle de rédaction.
Nos confrères ont, eux aussi, besoin de promotion…mais dans leur milieu de prédilection: la production journalistique. La mauvaise utilisation des ressources humaines tue à petit feu nos services publics, plus particulièrement les médias à capitaux publics; la Télé et la Radio Centrafrique sont devenues de plus en plus des objets de risée. C’est des médias étrangers (et Ndéké Luka) qui nous renseignent le mieux en termes d’analyse sur les évènements chez nous. Nos médias étatiques se contentent de diffuser des communiqués et des banalités qui n’intéressent même plus les enfants. Pas une seule émission où des experts et des analystes en relation internationale viennent nous expliquer les contours d’un événement comme celui qui s’est passé récemment dans la préfecture de la Vakaga. Comment comprendre qu’un ministre Conseiller à la Présidence de la République doit-il se déplacer jusqu’à Douala au Cameroun pour expliquer sur le plateau d’une chaine privée (la sienne d’ailleurs) la situation quant aux évènements survenus à Am-Dafock ?
Par Gilbert G. Mbakop éditorialiste (Tel: 72 06 50 12; mail: mbakopgilbert20@gmail.com)
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