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« Perpétuité, 30 ans et relaxe » pour les accusés
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Le train de ce procès s’apprête à entrer en gare. Il a voyagé durant près d’une année et l’un des faits marquants reste le témoignage d’une victime, celle de Mme Adjidja Hassan, qui n’a toujours pas oublié l’horreur vécu en direct il y a près d’une douzaine d’années : « je traine encore de séquelles de crise cardiaque, attrapée le 05 février 2014 lorsque j’ai vu mon mari (75 ans) mort, abattu et le corps baignant dans une mare de sang dans notre propre domicile conjugal. » avait-elle lancé aux juges lors de son audition à la barre. Devant le collège des juges, composé de Aimé Pascal Delimo,Emile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena, bon nombre de témoins dont cette vieille dame musulmane pratiquante ont défilé pour charger (ou décharger) les accusés dans le box : Edmond Beina, Jean Bahara, François Boybanda alias Balhéré et Philémon Kahena alias CB et François Gomitoua comparaissant libre.
Réclusion criminelle à perpétuité contre Edmond Beina (le « général-tueur »)
Le réquisitoire du ministère public, porté en deux phases (contexte des faits et leur qualification) par Alain Ouaby-Bekaï, le Procureur Spécial adjoint et Alain Tolmo, le substitut, est en soi glacial « La prise du pouvoir par les groupes Séléka a été suivie de nombreuses exactions contre les populations civiles, notamment chrétiennes. Face à ces violences, les groupes Antibalakas ont renforcé leurs activités et ont présenté leurs actions comme la défense ou l’opposition aux Sélékas. » rappelle le procureur Après lui son collègue du parquet Alain Tolmo présente la qualification juridique des faits en examinant à la loupe la responsabilité pénale individuelle de chacun des accusés. Pour lui « l’attaque était généralisée et systématique dirigée contre une population civile, ainsi que la connaissance de cette attaque par les auteurs ». et d’ajouter avec le talent d’orateur parfaitement à l’aise devant le micro : «Les attaques commises à Guen, Gadzi et Djomo sont présentées comme s’étant inscrites dans une dynamique plus large de violences dirigées contre la population civile musulmane. Pour le parquet, le caractère généralisé a résulté de leur ampleur et de leur extension dans plusieurs localités ; ainsi que le caractère systématique et la répétition des attaques, du mode opératoire et de la désignation des victimes, lesquels mérite des peines maximales : réclusion criminelle à perpétuité contre Edmond Beina (le « général-tueur ») et Jean Bahara; 30 ans pour Philémon Kahena et François Boybanda. La relaxe est recommandée en faveur de Dieudonné Gomitoua qui comparait libre. C’est à la Défense, qui a le dernier mot, de tenter de sauver les meubles.
Récit : Gilbert Mbakop

