L’un déchire sa nationalité française et devient éligible à la présidentielle ; et l’autre décroche avec brio un doctorat en gouvernance locale. Le combat électoral de décembre s’annonce rude pour le MCU
Anicet Georges Dologuélé est le chef du parti URCA et Henri-Marie Dondra, celui de l’UNIR ; les deux se réclament de l’opposition, mais n’ont pas la même vécue et histoire politiques. Chacun a ses propres griefs qu’il porte à sa façon contre la gouvernance du régime au pouvoir porté par le MCU. Pour Dologuélé (ancien Premier ministre, il y a une trentaine d’années), il regarde le MCU avec le plus grand des mépris et l’accuse (son chef Touadéra avec) d’avoir « vendu » le pays : « les étrangers viennent en RCA étant pauvres mais rentrent très riches pendant que les Centrafricains souffrent ». Quant à Dondra (« forcé de démissionner » de ses différents postes (SGA MCU, Primature), il ne rate jamais l’occasion de dire tout le mal de ce régime qu’il qualifie de « bras cassés et de pires incompétents » On dirait qu’en dehors de son cas (« poussé » à la démission), il fait allusion à la misère que « subiraient d’autres compétences » comme le confrère Christian Aimée Ndotah (suspendu et privé de solde) donc le seul tort serait de verser des larmes d’un professionnel chevronné devant « la production médiocre des médias d’Etat. »
Le MCU va devoir revoir ses cartes et plans
La Constitution du 30 aout 2023 ne reconnaissant pas la double nationalité pour tout candidat à la présidentielle, Dologuélé vient d’élever l’obstacle majeur qui, en théorie, lui barrait la voie, en déchirant sa carte d’identité française. Lui, l’homme de « kota coup » de la vie politique centrafricaine (pour ses sympathisants), n’est donc plus Français ; libre à lui dorénavant d’aimer seulement la France, d’y passer toutes ses vacances et surtout de chasser les Russes et les Chinois en replaçant cette France à la place qu’elle occupait en Centrafrique avant; s’il venait à être élu président de la RCA. Là c’est une autre histoire. Autrement dit Touadéra, le candidat (déjà déclaré) pour le compte du MCU va devoir chausser les gants pour affronter et pour la troisième fois de suite son plus farouche adversaire politique. Dans ce probable combat de titans, un troisième larron affute ses armes, discrètement, efficacement et croit fermement en ses chances : Henri-Marie Dondra puisqu’il s’agit de lui. Sa jeune formation (UNIR) a ceci de particulier qu’elle a recruté massivement des déçus du MLPC et du RDC. Patassé et Kolingba ne vont vraiment pas manquer de se gêner dans leurs tombes respectives.
Entre temps, Ziguélé et ses amis du MLPC n’en finissent pas avec des procès devant les tribunaux; si ce n’est sur les antennes des radios à gages basées en occident
Henri-Marie Dondra vient de frapper fort en ajoutant un grand chapitre sur son CV d’homme politique qui rendrait jaloux ses adversaires et par ricochet attirerait la curiosité de nombreux électeurs, avides de ce bien-être social, toujours introuvable par la majorité des populations. Depuis hier à Abidjan en Côte-d’Ivoire, HMD (pour les intimes) a soutenu avec adresse une thèse de doctorat sur un sujet qui intéresserait au plus haut point des Centrafricains en cette année électorale bien chargée : « Gouvernance, décentralisation et gestion des collectivités locales en Centrafrique. » ; c’est-à-dire la parfaite la maitrise de la gouvernance locale sans attendre des ordres souvent tardifs des hautes autorités de la capitale, alors qu’on se trouve dans l’arrière-pays. Est-elle simplement une coïncidence ou plutôt un excellent calcul politique de la part l’ancien compagnon de Touadéra dans la mesure où le pays se prépare à vivre ses toutes premières élections locales (municipales et régionales) depuis une quarantaine d’années ? Voilà bien un argument de campagne qu’offre le parti UNIR… pendant que Ziguélé et ses amis/ennemis se font entendre uniquement à travers des procès devant les tribunaux, si ce n’est porter les mêmes rengaines sur les antennes des radios à gage, installées dans des capitales occidentales.
Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (Tel : [+236] 72 06 50 12 / 75 54 64 94 ; courriel : mbakopgilbert20@gmil.com)
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