En traînant ses « camarades » d’hier (et aujourd’hui farouches adversaires) en justice, Martin Ziguélé joue gros car son avenir politique en dépend
2025 est une année électorale cruciale, de grande ampleur pour les formations politiques qui ont une ambition nationale : municipales, législatives, sénatoriales et présidentielle. L’heure dans les états-majors des partis (MCU, UNIR…) est à la mobilisation et de stratégies de conquête des électeurs ; mais au Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), c’est la division méthodique et la guerre d’égo d’anciens « camarades ». Trois factions au moins se disputent la légitimité ; si la tendance dite MPLC-CO garde présentement le silence, les tendances, pro-Ziguelé et pro-Mazette se déchirent en public et s’excluent mutuellement. La crise interne est profonde dans cette grande famille politique crée par Ange Félix Patassé de regrettée mémoire. Après des insultes, tiraillements de rue et menaces de tout genre, la tendance Ziguelé qui n’hésite pas à brandir fièrement sa carte de membre de l’International socialiste saisit la justice et entend « chasser définitivement » du parti les sieurs Gabriel Koyambounou, Etienne Malekoudou et Jacquesson Mazette pour « indiscipline ». Dans sa plainte, elle accuse ces derniers d’« utiliser abusivement les symboles et les structures du MLPC, non sans se proclamer comme les véritables représentants du parti. » La justice est donc appelée à trancher sur l’identité des uns et des autres. L’ancien Premier ministre n’est pas allé loin pour se donner une béquille : Nicolas Tiangaye, membre comme lui du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a été choisi pour le défendre bec et ongle, la solidarité des radicaux anti-Touadéra est bien en marche ; pour eux l’ombre du parti au pouvoir « plane » derrière cette histoire.
Face aux juges, Nicolas Tiangaye va tenter sûrement de prouver la légitimité de son ami et de justifier l’existence d’un seul MPLC, celui de Martin Ziguelé. Ces adversaires vont probablement mettre sur la table son côté « dictateur qui s’accroche à la tête du parti depuis un quart de siècle ». Ils pourraient aussi invoquer le règlement intérieur du parti et insister sur sa désertion du siège historique à Benz-nvi, prouvant par là même son illégitimité ; car son (5è ?) mandat à la tête du parti est achevé voilà bientôt deux années. L’issue de ce procès qui s’annonce très incertaine et dangereuse d’abord pour la carrière politique de Ziguelé et plus particulièrement de l’avenir du parti donc la puissance électorale s’effrite au jour le jour.
Récit : Okollo
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