En faisant durer le conflit entre la Fédé et le ministère des Sports, Célestin Yanindji prend le risque : se voir attribuer la plus grande part de responsabilité face à la non-qualification pour la CAN 2027

Rigobert Song jouerait deux grands rôles pour la Centrafrique et ferait mille fois mieux que ces nombreux conseillers incompétents et inutiles qui gravitent autour du Chef de l’État

 

La brillante qualification des (petits) Fauves de Bas-Oubangui pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) au détriment d’un géant de l’Afrique qu’est le Cameroun est le gros exploit sportif de l’année 2024, peu importe que ce tournoi soit une compétition de seconde zone, une victoire est une victoire. La prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) va se tenir au Maroc à la fin d’année (décembre) ; éliminée en matchs de qualification, la Centrafrique va (encore et encore) regarder cette compétition majeure sur le continent à la télévision. Le monde ne s’arrête pas pour autant pour l’équipe nationale, victime collatérale d’un bras de fer administratif entre deux entités ; un sélectionneur « nommé » par l’autorité politique et une Fédération (association privée) qui s’oppose à cette décision. 

Rigobert Song, ce n’est pas seulement ce coach à la carrière de joueur extraordinaire et cet entraîneur ayant qualifié son pays pour une coupe du monde, c’est aussi et surtout ce grand footballeur bien connu à travers toute la planète donc l’évocation seule de son nom suscite un engouement chez les investisseurs, touristes et sportifs. Autrement dit Song en Centrafrique, c’est deux immenses et belles cartes à jouer pour ce pays en mal de visibilité, sportive et économique. L’ancien capitaine des Lions indomptables du Cameroun est pour l’instant retourné dans son pays, des sources affirment qu’il n’a pas signé le contrat tant annoncé ; des joueurs présentement en stage en vue de la prochaine coupe du monde n’ont pas été sélectionnés par lui; le public s’interroge et ne comprend plus rien du tout. Le moment venu, on saurait mettre un nom sur chaque défaite qui pourrait arriver demain ; puisque ce qui semble être un bras de fer entre la Fédé et le ministère trace déjà le lit pour une énième désillusion.

Célestin Yanindji est dans une grave erreur en faisant durer le conflit avec le ministère des Sports

Tous les sportifs de haut niveau sont unanimes pour dire que les victoires futures se préparent plusieurs années avant, or les Fauves de Bas-Oubangui qui n’ont jamais participé à une compétition d’envergure continentale comme la phase finale de la CAN depuis sa création en 1957 ne sont pas dans des conditions d’un sportif qui veut gagner quelque chose de bon dans une ou deux ans ; ce cafouillage malsain, provoqué par cette « guerre de légitimité » que se livrent le ministère des Sports et la Fédération centrafricaine de Football est un mauvais présage.

Les installations sportives appartiennent à l’Etat et c’est ce dernier qui paie aussi le salaire des entraineurs

Il se trouve que les textes de l’instance faîtière du foot mondial sont certes favorables à Célestin Yanindji et ses amis de la Fédé, mais lorsqu’on considère le seul bien (un vieux bus d’une vingtaine d’années qui démarre et roule à peine) de la Fédération centrafricaine de football, on est peiné en s’interrogeant quant à la direction que prennent ces grosses subventions de la CAF et la FIFA depuis des années. Les textes de la FIFA ne vont jamais payer un sélectionneur ; ce dernier émarge bien dans les caisses de l’Etat, les fanatiques (bornés par le juridisme pour le juridisme) le savent-ils ? Un Etat sérieux met son nez partout surtout lorsqu’il s’agit d’un enjeu ou patrimoine national comme ces Fauves de Bas-Oubangui aux mains des gens qui tiennent un bilan misérable. La qualification (souhaitée par tout un peuple) des Fauves de Bas-Oubangui pour la CAN 2027 passe forcément et nécessairement par une longue préparation sérieuse, dès aujourd’hui, pas demain, aujourd’hui avec un coach qui force le respect de par son charisme et son CV. En dehors de cette victoire miraculeuse des Fauves sur le Cameroun, quel est le bilan de la Fédé depuis Kamach, Ngaïssona et celui qui est là aujourd’hui ? Zéro. Le sport, ça rigole pas, ce n’est plus une affaire de sentiment, c’est une question de choix judicieux et de compétence, et la compétence avérée n’a pas de nationalité.

Gilbert G. Mbakop, éditorialiste

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