CONDAMNATION EN VUE : Mauvais temps pour des chefs rebelles centrafricains à la CPI

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En attendant le 23 septembre, jour de verdict concernant l’accusé Mahamat Saïd Abdel Kani à la CPI…

CPI/VERDICT. Et si, en termes de crimes graves, la condamnation (probable) de Mahamat Saïd Abdel Kani mettait à égalité parfaite les séléka et les anti-balaka ?

Le dossier Centrafrique à la CPI est rempli de noms célèbres

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Deux chefs rebelles centrafricains sous le feu de l’actualité : l’un signe des accords de paix pendant que l’autre affronte le procureur de la CPI

 Mahamat Saïd coupable mais ça n’arrange pas encore les victimes

Le ballon (judiciaire s’entend) est bien entré dans les filets de la condamnation et l’arbitre n’attend que la séquence du VAR pour valider le but. Il s’agit du procès de Mahamat Saïd Abdel Kani à la Cour pénale internationale (CPI). L’examen de son sort a commencé juste dès son arrestation en janvier 2021 à Bria (Nord de la Centrafrique). Depuis lors, il croupit dans une prison à La Haye où il a été transféré rapidement et incarcéré pour son jugement. Son procès s’est ouvert le 26 septembre 2022, et depuis le début de la procédure, l’ancien chef Séléka a toujours plaidé non coupable ; mais c’est mal connaitre la rigueur et le sérieux de la justice internationale dans ses enquêtes dans la grave crise qu’a connue la Centrafrique depuis au moins 2013 avec les antibalaka et les séléka, deux camps de rebelles qui, de par leur brutalité éprouvée, avaient failli jeter la Centrafrique dans les eaux du génocide.
Le chef du premier camp (François Bozizé) est jugé pour des « crimes graves » en ce moment par la Cour pénale spéciale (CPS) et Michel Djotodia, le boss de l’autre camp des criminels se la coule douce tantôt au Bénin tantôt à Bangui, sans être inquiété au grand désespoir des victimes.
Mercredi 23 septembre à Bangui, le public, trié sur le volet a répondu à l’invitation du Bureau de la CPI en Centrafrique pour la retransmission en direct du prononcé du jugement dans une grande salle réservée aux spectacles. Composé de hautes autorités (civiles, policières et militaires, lesquelles ont refusé de se prononcer sur ce sujet) et de victimes ce public privilégié est sorti avec un sentiment mitigé d’autant plus que leur bourreau est reconnu par la Cour de sa responsabilité pénale pour des crimes contre l’humanité, mais la condamnation à une peine précise n’est pas encore connue. « C’est déjà une étape vers l’équité que nous apprécions » déclare Samson Ngaïbona, le Secrétaire général du Parti centrafricain de l’unité et du développement (PCUD), formation politique fondée par Patrice Edouard Ngaïssona, en prison à La Haye dans le cadre du conflit meurtrier en Centrafrique. Ce public a les oreilles tendues vers la Cour pénale internationale qui doit tenir une audience dans des prochains mois consacrée à la détermination de la peine. Ce qu’on sait est que Mahamat Saïd va prendre probablement gros… comme ses adversaires dans le match de sang que les séléka et les ani-balaka ont livré en Centrafrique en 2013/2018.

En kiosque:

ils ont dit, parole de victime « J’ai hâte de voir combien de temps cet assassin doit encore croupir en prison »

En attendant le verdict de cette affaire très important pour la Centrafrique, la rédaction a promené son micro au milieu de quelques invités présents dans la salle de retransmission de l’évènement. Réactions à chaud.

J’attends que le droit soit dit pour que tous les Centrafricains qui ont subit l’injustice se consolent au moins avec la reconnaissance du tort qu’ils ont connu dans leur chaire.»

Samson Ngaïbona, homme politique

C’est bien de juger ces auteurs de crimes graves et les sanctionner à hauteur de leurs multiples actes répréhensifs. Il faudrait surtout penser à la réparation car les victimes (des femmes surtout) qui ont besoin de réparations matérielles, psychologiques, l’humiliation, le rejet des siens leur propre famille. Les plaies que certaines portent encore ne sont toujours pas cicatrisées, Dans un pays qui respecte les droits de l’homme, nous comptons sur la Commission vérité justice et réparation (CVJR) pour qu’elle fasse son travail dans la transparence afin que les droits des victimes soient reconnus »

  Angeline Kel, coordinatrice de l’ONG Walt (humanitaire et droit des femmes)

J’ai le sentiment mitigé, je m’attendais à une lourde sentence au sortir de cette salle ; néanmoins je fais confiance à la justice internationale pour un heureux dénouement pour les victimes » 

Evodie Ndémadé, Ambassadrice de paix

 Je retiens que la CPI doit tenir une audience ultérieure consacrée à la détermination de la peine et que la défense peut faire appel, J’espère bien que cet éventuel appel ne viendra nous retirer cette petite joie que, nous les victimes, avons. »

Jacques Méléyapa Koundama, Président de l’ONG Centre d’accès au droit et a la justice (CADI)

Comment comprendre, nous perdons notre latin d’entendre dire qu’il est reconnu coupable sur X et non coupable sur Y, La justice doit triompher, c’est tout ce dont nous nous attendons. »

Joseph Passéréra Secrétaire général de l’Association des victimes de Centrafrique

J’ai été violée devant mes enfants et l’un d’eux torturé au OCRB, arrêté par les éléments de ce monsieur qu’on est entrain d’être jugé. Il doit payer le mal qu’il a commis »

Claire Yinguiza, porteuse d’une copie de la plainte n°002 déposée a la CPS, datée du 21 janvier 2022

Récit et propos recueillis par: Gilbert G. Mbakop

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