46ème Session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique centrale (UEAC)

Réunion du Comite Inter-Etats

Allocution de Son Excellence Charles Assamba Ondodo, Vice-président de la Commission de la CEMAC à l’occasion de l’ouverture solennelle

 

Monsieur le Président du Comité lnter-Etats,

Distingués Membres du Comité lnter-Etats,

Mesdames et Messieurs les Premiers Responsables des Institutions communautaires ;

Mesdames et Messieurs,

 

C’est avec un grand honneur et un réel plaisir que je prends la parole ce jour, à l’occasion de l’ouverture solennelle des travaux du Comité Inter-États préparatoire à la 46ᵉ Session Ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC), organisée par visioconférence, à partir de Brazzaville, en République du Congo. Permettez-moi tout d’abord, au nom du Président de la Commission de la CEMAC, Monsieur Baltasar ENGONGA EDJO’O, d’exprimer notre profonde gratitude aux Hautes Autorités de nos États membres pour leur soutien constant à la cause de l’intégration sous-régionale. Je tiens tout particulièrement à adresser nos remerciements les plus sincères à Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République, Chef d’Etat, Président en Exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC, et aux Autorités Congolaises pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé dans la belle cité de Brazzaville, capitale vibrante de notre communauté pour la circonstance.

Mesdames et Messieurs,

Nos assises se tiennent dans un environnement marqué, au plan international, par une croissance mondiale modérée, la persistance des tensions géopolitiques et commerciales, ainsi que la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement ; à l’échelle continentale, par la fragmentation géopolitique, la contraction des financements internationaux et la persistance des besoins considérables en infrastructures ; et enfin, dans notre sous-région, par une croissance encore insuffisamment inclusive, une forte exposition aux fluctuations des cours des matières premières et des contraintes persistantes de financement public. Face à ces contraintes internationales, continentales et sous-régionales, le renforcement de la résilience de nos économies appelle une modernisation profonde de nos instruments communautaires. C’est dans cette perspective que nos assises interviennent à un moment décisif de la vie institutionnelle de notre Communauté, marqué par la poursuite, malgré les difficultés, de la mise en œuvre du Plan de Transformation de la Commission.
À cet égard, les avancées enregistrées lors de l’Atelier d’appropriation tenu du 02 au 04 septembre 2026 au profit des Membres du Gouvernement de la Commission ont permis de consolider la trajectoire de ces réformes, notamment le Plan Stratégique 2027-2030 (PACTE 2030), élaboré autour de 5 axes d’intervention et de près de 170 indicateurs de performance, qui vous sera présenté au cours de cette session, au titre des notes d’information. Concernant plus spécifiquement la gestion budgétaire, les travaux d’harmonisation de la chaîne Planification-Programmation-Budgétisation-Suivi (PPBS) se poursuivent méthodiquement en vue du basculement effectif vers le Budget-Programme à l’horizon 2028. L’exercice 2027 constituera ainsi une étape pivot de consolidation technique, de renforcement des capacités et de finalisation des diagnostics institutionnels indispensables à cette migration.

Distingués Membres du Comité Inter-États,

Conformément aux directives de la lettre de cadrage budgétaire du 30 juin 2026, la préparation du projet de budget de la Communauté pour l’exercice 2027 repose sur les principes cardinaux de prudence, de sincérité budgétaire, de discipline financière et de soutenabilité. Face à la volatilité de la conjoncture et aux contraintes récurrentes de trésorerie, la Commission a fait le choix du réalisme en reconduisant la prévision de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI) à son niveau de 2026, tout en concentrant les crédits sur les investissements structurants arrivés à maturité et l’apurement de la dette sociale. Ainsi, les grandes masses financières de ce projet de budget 2027 s’équilibrent en ressources et en charges à la somme de 90 242 436 578 FCFA, affichant une progression maîtrisée de 5,03 % par rapport à l’exercice 2026. Cette enveloppe globale se répartit en ressources ordinaires pour un montant de 61,35 milliards de FCFA, soit 68 % du total, et en ressources extraordinaires pour 28,89 milliards de FCFA, soit 32 % du total. Il faut relever que les ressources ordinaires sont tirées par une TCI maintenue à 50,30 milliards de FCFA (55,7 % du budget) et par une hausse encourageante des ressources propres à 11,05 milliards de FCFA (16,06 %), tandis que les ressources extraordinaires sont portées par une augmentation forte des dotations du FODEC à 12,69 milliards de FCFA (48,37 %) aux côtés des financements extérieurs évalués à 16,2 milliards de FCFA.

Distingués Membres du Comité Inter-États,

L’exécution optimale de ce budget reste toutefois tributaire de la résolution durable de la fragilité financière de notre Communauté. Si la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI) représente toujours plus de 82 % de nos ressources ordinaires, la faiblesse de son recouvrement continue malheureusement de provoquer de graves tensions de trésorerie et des arriérés de salaires de plus de 3 mois aujourd’hui au sein d’une grande partie de nos institutions communautaires. Cette situation se traduit par un cumul d’arriérés de contributions qui s’élève à 263,5 milliards FCFA à fin 2025, alimenté par le fait que seuls deux Etats membres s’acquittent régulièrement de leurs obligations financières. Il est donc impératif que vos travaux réaffirment avec force la nécessité d’une application intégrale et immédiate de l’Acte Additionnel n° 01/CEMAC/046-CCE du 25 février 2016 relatif au mécanisme autonome de financement de la TCI.

Mesdames et Messieurs,

Outre l’examen des questions financières et du projet de budget 2027, le projet d’ordre du jour soumis à vos délibérations aborde des dossiers sectoriels majeurs inscrits au chapitre des Affaires et des Notes d’information. Il s’agit notamment de :
  • L’état de mise en œuvre de la feuille de route face à la résurgence de la maladie à virus Ebola (MVE) dans les frontières de la CEMAC ;
  • La mise en œuvre effective des décisions relatives au Free Roaming ;
  • Le Plan Stratégique (PAS) 2026 – 2030 de la CEBEVIRHA ;
  • L’état d’avancement de la mise en œuvre du Programme Economies Forestières Durables du Bassin du Congo.
L’examen de ces chantiers sectoriels, tous aussi essentiels les uns que les autres, illustre la diversité et la complexité des défis auxquels notre Communauté doit faire face. Ils traduisent également la volonté partagée de nos États membres de renforcer la cohérence de nos politiques, de transformer les défis en opportunités et de consolider les acquis de l’intégration régionale.

Mesdames et messieurs les membres du Comité Inter-Etats,

Au regard de la situation particulièrement délicate dans laquelle se trouve notre Communauté, nous devons plus que jamais appréhender les sujets soumis à notre examen avec lucidité et perspicacité, pour renforcer la capacité de notre système institutionnel à accomplir sa mission cardinale de promotion d’un développement harmonieux, durable et inclusif de nos Etats membres. Je suis convaincu que vos délibérations, empreintes de rigueur et de hauteur de vue, permettront de formuler des recommandations pertinentes à l’attention du Conseil des Ministres et de donner à notre communauté les moyens de mettre en œuvre le mandat qui lui a été confié par les Chefs d’Etat, afin que,

Vive la CEMAC !

Vive l’intégration régionale en Afrique Centrale !

Je vous remercie.

 

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