Les farouches et inconditionnels partisans de Faustin Touadéra, pas entièrement « satisfaits », s’attendaient à un score beaucoup plus écrasant : « entre 90 et 95% » des 1.254.376 citoyens électeurs
Un proverbe peuhl dit que « les cabris marchent ensemble mais n’ont pas le même prix » ; il parait aussi que des hommes politiques peuvent avoir le même temps de parole à la télévision ou à la radio d’Etat, mais n’ont pas le même poids politique. L’élection à la magistrature suprême en est la parfaite illustration. Ils étaient 7 candidats sur la ligne de départ pour la présidentielle du 28 décembre ; pourtant hier, lundi 5 janvier, au siège de l’Autorité nationale des élections (ANE) pour la proclamation des résultats provisoires, un seul candidat était représenté ; aucun ombre des six autres ; ces derniers reconnaissant au passage leur cuisante défaite dans les urnes devant Faustin Archange Touadéra, le sortant. La presse (nationale et internationale) a ainsi constaté leur absence lors de cette proclamation des résultats provisoires marquant une étape majeure du processus électoral et témoignant aux fins utiles de « l’engagement constant de l’ANE en faveur de la transparence, de la crédibilité et du respect du calendrier électoral, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. »
Sur un total de 2 392 946 électeurs inscrits, 1 254 376 citoyens « ont effectivement pris part » au scrutin, soit un taux de participation de 52,42 %, traduisant l’intérêt soutenu des électeurs pour la consolidation de la démocratie et la vie institutionnelle du pays. Malgré son score plus que décevant, Anicet Georges Dologuélé reste, très loin derrière en seconde position dans son rôle de chef de l’opposition ; une simple consolation lui permettant d’en user pour remettre à leur place de simples figurants médiatiques ses anciens amis du BRDC (Martin Ziguélé et Crépin Mboli-Goumba). Cette grande déception (défaite nette et incontestable) est aussi présente dans certains milieux, adeptes du statu quo colonial : un type instable comme Serge Bokassa et des officines parisiennes, proches de la nébuleuse ’’francafrique’’, ont naïvement cru au miracle, c’est raté, sans commune mesure. L’influence envahissante française dans les affaires internes centrafricaines c’est vraiment terminé…au profit d’autres puissances (Russe, Chine, Rwanda…) Le président de la République centrafricaine n’a plus de directives à recevoir (comme un gamin) de Paris pour tel ou tel sujet engageant l’avenir du pays. Le destin de ce pays se trouve entre les mains de ses fils et filles patriotes.
» Nous allons choquer »; 1er tour K.O, pas de marchandage de voix, surtout pas avec des adversaires aux scores proches de zéro, comme Aristide B. Reboas

A l’issue du dépouillement, on note 39.386 bulletins blancs et 40.231 bulletins nuls ; ces chiffres rendus publics illustrent la volonté de l’ANE de « garantir une information électorale complète, accessible et fiable à l’ensemble des parties prenantes. » et à l’issue de la centralisation des résultats provisoires (en attendant la validation par la Cour constitutionnelle), les suffrages exprimés se répartissent comme suit :
Touadéra Faustin Archange : 894 556 voix (76,15 %), Kparekouti Eddy Symphorien : 12 227 voix (1,04 %), Djorie Serge Ghislain : 21 989 voix (1,87 %), Yalemendé Marcelin : 25 068 voix (2,13 %), Dondra Henri Marie J. : 37 525 voix (3,19 %), Reboas Aristide B. : 11 185 voix (0,95 %), Dologuélé Anicet Georges : 172 209 voix (14,66 %).
Les militants du MCU, lors de la campagne, avaient un mot d’ordre contre ceux qu’ils qualifient de « renégats » : « nous allons choquer, 1er tour K.O »
Par Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (contacts : 72 06 50 12 / 75 54 64 94, courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)
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