Publié le 24 octobre 2022
Hier c’était la justice privée, celle des plus forts. Pour une consolidation de la paix véritable, parlons maintenant de la justice équitable
c’est un secret de polichinelle : les nombreux conflits qu’a connu le pays ont durement mis à mal la cohésion sociale, désamorcé le tissu social ainsi que le processus de consolidation de la paix non sans affecter le fonctionnement de la justice. Cette justice qui devrait être un instrument important dans la lutte contre l’impunité aux fins de rétablir la population victime dans ses droits s’est avérée faible, créant forcément la méfiance envers les institutions judiciaires. Ce constat n’est pas seulement valable pour la capitale mais aussi pour l’arrière-pays où l’on peut observer la quasi-absence de la justice, ce qui n’est autre qu’une porte ouverte pour la justice des vainqueurs. Ces insuffisances expliqueraient le triomphe de la justice privée, de l’arbitraire et de l’anarchie. On déplore au passage l’incapacité de la société civile nationale du fait de sa faiblesse matérielle, financière et structurelle, à bien mener son rôle primordial.
Le gouvernement avait déjà pris l’engagement de respecter les conventions et traités internationaux en matière de droits de l’homme, notamment en garantissant à tous et à chacun le droit à une bonne administration de la justice. Le ministère de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Bonne Gouvernance s’est même vu confié la mission de veiller sur la question des réparations afin de tranquilliser les victimes en trouvant les pistes de solutions afin de déterminer un cadre légal à la question de réparation devant les juridictions pénales centrafricaines c’est-à-dire la Cour Pénale Spéciale et les juridictions pénales ordinaires. Avec le concours des partenaires, on note depuis un certain temps une légère amélioration en matière de justice, la confiance gagne petit à petit le cœur des Centrafricains eu égard l’engouement et la curiosité entourant la reprise des sessions criminelles et les activités de la Cour Pénale Spéciale. L’arrivée de cette Cour hybride (soit dit en passant est une décision courageusement politique) est l’espoir de ce peuple dans son combat contre l’impunité dans un cadre approprié pour que les victimes obtiennent réparation à l’issue de chaque condamnation d’un procès devenu définitif.
A l’initiative de la Cour Pénale Spéciale avec l’appui de l’Association du Barreau Américain (ABA-ROLI) deux ateliers s’inscrivant en droite ligne dans le programme du Gouvernement pour mettre fin à l’impunité se sont tenus dans un grand hôtel de la place. La forte présence de la société civile durant des quatre jours de travaux montre bien cet engament du gouvernement dans un processus participatif dans l’élaboration des normes touchant pleinement aux droits de l’homme. En plus de la participation de la société civile, présences fort remarquées des systèmes des Nations Unies, des confessions religieuses, du Barreau.
« Tribunal Spécial du peuple », votre journal, revient (en deux éditions) en long et en large sur les travaux et les recommandations qui intéresseront à coup sûr non seulement les victimes mais aussi l’ensemble des partenaires de la RCA au premier chef l’Association du Barreau Américain (ABA6ROLI), fermement engagée dans l’amélioration de l’accès à la justice des personnes vulnérables…