Allocution
Président du Comité Inter-Etats à l’occasion de l’ouverture solennelle de la Session budgétaire
Brazzaville, 26 septembre 2026
Monsieur le Vice-Président de la Commission de la CEMAC ;
Messieurs les Commissaires ;
Mesdames et Messieurs les premiers responsables des Institutions, Organes, Institutions spécialisées et Agences d’exécution ;
Honorables membres du Comité inter-États ;
Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités, toute préséance observée ;
Mesdames et Messieurs,
C’est avec un grand honneur et un sens élevé des responsabilités que je prends la parole ce jour, en ma qualité de Président du Comité inter-États, à l’occasion de l’ouverture de nos travaux préparatoires à la session budgétaire du Conseil des ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC). Permettez-moi à l’entame de mes propos de souhaiter, au nom de l’ensemble des délégations, les cordiales conditions de connexion à tous les experts présentement connectés et de remercier chaleureusement les efforts des uns et des autres qui ont tout mis en œuvre pour rendre possible et effective cette rencontre en ligne. Que chacune des hautes autorités de chaque pays ici présente trouve, à travers cette adresse, la marque de la plus profonde gratitude dont elle mérite. À Monsieur le Président du Conseil des Ministres, Son Excellence Ludovic NGATSE ainsi que Monsieur le Président de la Commission de la CEMAC, Son Excellence Baltazar ENGONGA EDJO’O, ces deux têtes pensantes de cette rencontre, nous offrons nos vœux de pleine réussite dans la conduite de l’exécutif de notre communauté.
Mesdames et Messieurs,
Nos travaux s’ouvrent dans un contexte économique sous-régional marqué par des difficultés financières extrêmes dont fait face la Communauté. Il vous souviendra que le 13 juin dernier, la 45ᵉ session ordinaire du Conseil des Ministres avait déjà sonné le tocsin en dressant un constat alarmant sur la situation financière de la Communauté au vu des chiffres fournis par la Commission de la CEMAC.
Ceux-ci se déclinaient comme suit :
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Budget 2026 estimé à : 85,9 milliards FCFA.
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Recettes attendues de la TCI : 50 milliards FCFA, soit 58,43 % des ressources totales. La TCI étant la source principale.
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Recouvrement au 11 juin 2026 : 9,34 milliards FCFA, soit un taux d’exécution de 17,70 %.
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Écart / objectif TCI : – 40,66 milliards FCFA, soit le déficit de recouvrement à (6) mois de la fin de l’exercice budgétaire.
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Arriérés de salaires : Trois (3) à quatre (04) mois, constatés dans certaines institutions communautaires.
Ce constat alarmant mettait en évidence trois risques immédiats :
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Risque de cessation de paiements : qualifié d’imminent par le Conseil des ministres, les institutions communautaires couraient le risque de ne plus être en mesure d’assurer leurs charges régaliennes.
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Risque social et institutionnel : trois mois à quatre mois d’arriérés de salaires signalés dans certaines institutions, créeraient une démotivation du personnel et fragiliseraient le fonctionnement des organes de la CEMAC.
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Risque de crédibilité : Une communauté en défaut de paiement perdrait tout simplement son autorité morale pour piloter l’intégration régionale, la ZLECAF et les grands projets infrastructurels comme le PIDA.
Le Conseil des Ministres du 13 juin dernier en avait identifié la principale cause structurelle. Il s’agissait de la dépendance excessive du budget de la Communauté à la TCI, soit 58,43 %, combinée au faible taux de reversement par les États membres. Cette dépendance, on ne le dira jamais assez, rend la Communauté vulnérable. Le taux de 17,70 % à mi-parcours démontrait une défaillance du mécanisme de recouvrement de la TCI et/ou de la volonté politique des États. Cette situation décrite dépassait la simple tension de trésorerie. Elle remettait en cause la capacité de la CEMAC à fonctionner et à porter les ambitions d’intégration. Trois mois après, force est de constater que nous en sommes encore là, pour ne pas dire que la situation s’est empirée. D’ailleurs, c’est ce qui explique la tenue de toutes les réunions dédiées à cette session budgétaire par visioconférence. Pourtant, le contexte macro-économique actualisé en mai dernier par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), laisse apparaître
les traits saillants ci-après utiles à l’éclairage de nos débats.
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Au plan sous-régional, l’on peut noter une résilience à consolider. En effet, selon les services de la BEAC, la croissance sous-régionale ressortirait à 3,2 % en 2026, contre 3,4 % en 2025. Ce léger ralentissement intervient malgré une amélioration spectaculaire des termes de l’échange de plus de 15,4 % en 2026, après une détérioration de moins 10,1 % en 2025. La bonne nouvelle vient de la stabilité des prix : l’inflation serait contenue à 2,4 % en moyenne annuelle, bien en dessous du seuil communautaire de 3 % contre 2,1 % en 2025. C’est ce qui a d’ailleurs permis au comité de politique monétaire, réuni le 29 juin 2026 à Yaoundé sous la présidence du Gouverneur Yvon SANA BANGUI, d’assouplir sa politique en ramenant son taux directeur de 4,75 % à 4,50 %. Sur le plan des finances publiques, l’effort de discipline porte ses fruits, car le déficit budgétaire, base engagement hors dons, se réduirait de 3,7 % du PIB en 2025 à 1,9 % du PIB en 2026. Enfin, notre position extérieure se renforce avec des réserves de change qui progresseraient de 25 % pour atteindre 7962,3 milliards de FCFA au 31 décembre 2026, soit un taux de couverture extérieure de 70,7 % et 4,72 mois d’importation.
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Au plan communautaire, il s’agit de donner les moyens à nos ambitions. Le rapport de surveillance multilatérale a validé une croissance de 2,7 % en 2024 portée par le secteur non pétrolier.
Mesdames et messieurs,
Ces chiffres nous convoquent et nous obligent. Ils montrent que la CEMAC tient le cap de la stabilité mais que la croissance reste fragile et dépendante du hors pétrole. Plus que jamais, nos États attendent de l’intégration économique qu’elle soit un levier de résilience et de croissance partagée. La session budgétaire qui nous attend est un moment crucial de la vie de notre Communauté. Il ne s’agit pas seulement d’examiner les chiffres, mais de donner à la Commission les moyens d’exécuter les politiques communautaires que nos Chefs d’État ont décidées. C’est pourquoi, le mandat de notre comité est clair : examiner avec vigueur, objectivité et esprit communautaire, le projet de budget exercice 2027 soumis par la Commission, afin de soumettre au Conseil des Ministres des recommandations pertinentes, réalistes et conformes aux textes. Ce projet de budget de la Communauté de l’exercice 2027 est arrêté en ressources et en emplois la somme de 90 242 436 578 FCFA (Quatre-vingt-dix milliards deux cent quarante-deux millions quatre cent trente-six mille cinq cent soixante-dix-huit) contre 85 923 690 256 FCFA (Quatre-vingt-cinq milliards neuf cent vingt-trois millions six cent quatre-vingt-dix mille deux cent cinquante) en 2026, soit une augmentation de 5,03%.
Au-delà de ce point, objet principal de nos assises, nous allons également examiner les affaires suivantes :
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La situation financière de notre Communauté ;
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L’état de mise en œuvre de la feuille de route face à la résurgence de la maladie à virus Ebola (MVE) dans les frontières de la CEMAC ;
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Le Plan Stratégique (PAS) 2026 – 2030 de la CEBEVIRHA.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais vous inviter à trois exigences :
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La rigueur technique : Examinons ligne par ligne la sincérité des prévisions des recettes, notamment la TCI et la pertinence des dépenses au regard des priorités.
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La solidarité communautaire : Dépassons les intérêts nationaux pour privilégier l’intérêt supérieur de l’UEAC. Le budget étant l’expression financière de notre volonté commune.
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L’efficacité : Nos débats doivent être francs mais concis, afin que nous puissions produire dans les délais un rapport de qualité qui éclairera utilement les ministres.
Je ne doute pas que, forts de votre expertise reconnue, nous saurons relever ce défi. Sur ce, je déclare ouverts les travaux du Comité Inter-États préparatoires à la session budgétaire du Conseil des Ministres de l’UEAC,
Je vous remercie !