Confrontations entre les accusés dans l’affaire dite « Guen » : « animosité » entre deux co-accusés et le Parquet ne peut que se frotter les mains

Les débats contradictoires entre les accusés ont mis un terme à cet exercice hier jeudi (11 juin) à la Cour pénale spéciale dans cette affaire d’assassinats de masse

Ils devraient être six dans le box des accusés, trois y sont effectivement dans leur tenue de prisonnier et un seul en civil, comparaissant libre. Ils sont là pour répondre à des accusations d’une extrême gravité portées contre eux. On leur impute des motifs relevant des crimes contre l’humanité et crimes de guerre survenus dans le village de Guen, l’une des nombreuses bourgades dans l’arrière-pays en Centrafrique. Les faits remontent il y a une dizaine d’années, l’époque où les anti-balaka et les séléka étaient passés maîtres dans un jeu de massacres que les populations Centrafricaines, gravement touchées, ont encore de la peine à oublier.

Cette affaire en jugement à la Cour pénale spéciale tire à sa fin. Hier jeudi (11 juin), les quatre accusés avaient droit à une confrontation entre eux, mettant ainsi fin aux débats contradictions entre le Parquet, la Défense et la Partie civile sous la direction d’Aimé-Pascal Delimo, le Président de la Section d’assises.

« Edmond Beina est bel et bien un chef anti-balaka, je l’ai vu plusieurs fois armé, je l’ai aussi vu tuer froidement des gens »

Dieudonné Gomitoua, ancien député, accusé et comparaissant libre

« Dieudonné Gomitoua, qui a l’âge de mon père était venu avec une arme à feu pour éliminer Ali Garba que je m’étais chargé de le protéger »

Edmond Beina, principal accusé

Même si le public retient que les accusés François Boybanda alias Balere et Philémon Kahéna alias CB ne se sont pas rentrés dedans physiquement et que leurs avocats respectifs (Me Tabangué et Me Panda) ont tenté de démonter les arguments offensifs de l’accusateur public qu’est le Parquet, ce même public a eu droit à des charges et missiles lourdes, échangées du tic au tac entre l’accusé principal Edmond Beina et Dieudonné Gomitoua au point où l’avocat Panda a trouvé une jolie formule pour qualifier cela : «  Il y a une animosité entre mon client et l’un de ses co-accusés… » personne dans le public ne dirait autre chose, tellement les deux se sont livrés à des accusations qui intéressent au plus haut point le Parquet :

« Edmond Beina est bel et bien un chef anti-balaka, je l’ai vu plusieurs fois armé, je l’ai aussi vu tuer froidement des gens » en répétant plusieurs fois cette accusation contre son co-accusé, Dieudonné Gomitoua enfonce celui-là qui est présenté comme l’accusé principal ; lequel ne s’est pas laissé faire : « Dieudonné Gomitoua, qui a l’âge de père était venu avec une arme à feu pour éliminer Ali Garba que je m’étais chargé de le protéger »

La Cour a néanmoins observé les contradictions dans les déclarations des deux accusés qui, visiblement ne sont pas des amis et le seront difficilement. La lecture de l’ordonnance de renvoi de l’accusé Jean Bahara (en fuite) a mis un terme a cette phase de débats dans cette affaire qui tirerait sa source dans une sorte de rivalité politique dans la mesure qu’elle est arrivée après la mort du conseiller Bandjoukou et celle de l’imam de Djomo.

Récit : Gilbert Mbakop (avec la CPS)

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