Au-delà de la très faible couverture (déplorable et d’ailleurs prévisible) de cette campagne électorale extrêmement cruciale pour le pays, à quoi sert vraiment la Télévision Centrafricaine (TCF) ?

Sans programme, amateurisme endurci et plus grave, peu d’intérêt de la part des autorités, alors question à 100 F : qui regarde vraiment la TCF ?

Suspendu et privé de salaire pendant plusieurs mois pour avoir décrié (en faisant pourtant de propositions vitales) le pire amateurisme qui entoure les médias d’Etat (Télé et Radio), le confrère Christian Aimé Ndotah est le symbole scandaleux de cette fâcheuse habitude dans ce pays qui consiste à pourchasser les compétents au profit des ignares et incultes notoires qui peuvent même s’autoriser toute sorte d’arrogance pour bien narguer ceux qu’il faut mais qui, malheureusement n’occupent pas la place qu’il faut. Questions à 100 F. La télévision centrafricaine a-t-elle un programme crédible à même de faire une audience acceptable et fidèle ? Qui regarde vraiment cette chaine publique ? Même certaines autorités ne savent pas qu’elle est présente dans le bouquet canal. Dans d’autres pays, cette question ne se poserait même pas ; puisque la chaine à capitaux publics est naturellement le miroir de la nation ; mais parlant de la Centrafrique, c’est autre chose de pas gaie ;si on considère sa piteuse production qu’elle nous sert au quotidien depuis toujours.

Il parait que bien informer, bien éduquer… est seulement valable ailleurs et pas en Centrafrique

La mission d’un média qui plus est public est d’éduquer, d’informer et de divertir, malheureusement notre chaine nationale (l’une des 1eres en Afrique centrale, longtemps avant le Cameroun) a fait du bourratif et des banalités sa ligne éditoriale ; ce qui tient lieu de grille de programmes n’est rien d’autre qu’une série de vieilleries banales de très mauvais goût et n’en parlons pas du niveau professionnel franchement déplorable de son personnel, très souvent recruté sur la base de rien, en absence de rigueur de sélection.

La campagne pour les élections groupées du 28 décembre prend fin ce jour, et le pays s’apprête à expérimenter un grand exploit en organisant pour la 1ere fois quatre scrutins en un seul jour ; et des observateurs électoraux manifestent déjà leur inquiétude quant à la réussite du déroulement des opérations de vote. On se demande comment ça va se passer sans couac avec des électeurs surtout analphabètes ou pressés, invités à se rendre deux fois dans l’isoloir, et à chaque fois avec deux bulletins sur lequel il faut cocher ou apposer son empreinte en faveur de son candidat : président, député, conseils municipal et régional, tout ça en huit étapes. La chaine dite de « l’unité nationale » ne nous a pas montré comment voter ; elle a toujours échoué lamentablement à sa mission de service public.

On s’attendait à ce que la Télévision Centrafricaine (TCF) projette abondamment pendant le processus électoral (du moins avant l’opération de vote) des spots (flashs) pratiques où on peut voir et apprendre comment voter ; beaucoup d’entre nous ne savent pas que pour voter, il faut d’abord s’assurer que son nom figure sur la liste électorale, puis présenter : sa carte d’électeur ou récépissé ou son passeport ou sa carte nationale d’identité (ou même sa carte d’identité étudiant/scolaire) ou son permis de conduire ou alors sa carte militaire. Mais au lieu de cela, la TCF sans programme (émissions) à elle, nous impose des sketchs comiques (tardivement sur le retrait des cartes d’électeur), et comme toujours des vieilles projections et vieux films nigérians et français des années lointaines. Personne ne s’en offusque ; le drame ici c’est qu’il serait interdit d’en parler ou même de protester si non, vous allez recevoir le traitement injuste que subit régulièrement le confrère Christian Aimé Ndotah : « Zaïrois » entre autres insultes de sous quartier. Le gagnant de cette compétition présidentielle doit déjà penser à faire rapidement table rase sur le manque du sérieux et cette dangereuse culture de l’immobilisme et de l’amateurisme ambiants qui nuit gravement à l’évolution du pays.

Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (contacts : 72 06 50 12 / 75 54 64 94, courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)

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