Son projet « La Classe au Féminin », soutenu financièrement par l’Ambassade de France, vise à sensibiliser des milliers et des milliers de jeunes filles et garçons en Centrafrique
« La scène se passe dans mon lycée, l’année dernière, une jeune fille d’à peine 15 ans candidate au concours d’entrée en classe de sixième obligée de sortir régulièrement de la salle pour allaiter son bébé, gardé par sa tante à l’extérieur » le témoignage du censeur du second cycle au lycée des Martyrs révèle l’ampleur de la grossesse précoce en milieu scolaire en Centrafrique: jusqu’à l’école fondamentale, c’est à dire chez des mineures. Et le projet « La Classe au Féminin » tombe à pic pour stopper ou pour au moins freiner le phénomène.
Un atelier de présentation de ce projet s’est tenu hier, 21 octobre, et a connu la participation des représentants d’une dizaine d’établissements scolaires. Professeure au lycée Gbaloko, Mme Dimanche-Webi Evelyne s’est bien illustrée lors de la série consacrée aux échanges : pour elle, « chacun devrait contribuer à créer un environnement ou la jeune fille est appelée à se sentir protégée, respectée et valorisée. Point de vue partagé par sa collègue, enseignante d’Economie familiale au lycée de Fatima. Les axez d’intervention à venir réside dans la sensibilisation communautaire et scolaire a travers des Labo de gestion de l’Hygiène menstruelle. La conception et distribution de serviettes hygiéniques lavables et de bracelet menstruel, entre autres.
Porté par l’ONG Mbe Soue, le projet « La Classe au Féminin » est « cette graine d’espoir pour une génération de filles instruites, confiantes et libres » se réjouit sa présidente Sambo Prisca Nina ; d’autant plus que la lutte contre les grossesses précoces va au-delà de la santé ou l’éducation ; elle s’impose comme une question de justice sociale et de développement durable; ce qui a attiré l’attention de l’Ambassade de France et justifié son soutien financier « Depuis un an, l’ambassade de France a mis au point un le Fonds Equipe France (FEF) qui n’est autre qu’un programme permettant de travailler sur différentes initiatives afin de lutter contre les stéréotypes de Genre, en donnant la même place aux hommes et aux femmes dans la société. Et du coup on a voulu aborder la question de la scolarisation des jeunes filles ; les maintenir à l’école et éviter qu’elles quittent le système scolaire à cause de la grossesse. » Les explications Mme Queudray Chloé, Attachée de coopération FEF sur la lutte contre les stéréotypes de Genre explique bien l’implication de l’Ambassade se veulent précises et claires.
Cette dynamique de promotion du bien-être, de la dignité et du leadership féminin, et visant à lutter contre les grossesses précoces et à améliorer la gestion de l’hygiène menstruelle en milieu scolaire ; et qui pour l’instant couvre les villes de Bangui et Sibut, ambitionne de devenir un modèle reproductif dans d’autres régions du pays. A la longue, 6000 filles et 3500 garçons âgés de 12 a 25 ans bonifieront directement des activités du projet, aux cotés de plus de 300 enseignants, 70 personnels administratifs, et prés de 15000 membres des communautés locales notamment des parents d’élèves et leaders communautaires.
Compte rendu : Gilbert G. Mbakop
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