Et voilà Anicet Georges Dologuélé de retour sur la scène politique, revigoré, pourtant pendant près de 5 ans, il n’était que l’ombre de lui-même et son parti gravement affaibli

Au-delà des considérations judiciaires, l’ancien Premier ministre peut-il gagner dans les urnes l’élection présidentielle ? Voilà le débat

Les analyses des politologues et des éditorialistes devraient inspirer le camp présidentiel et l’ensemble de la classe politique. Des esprits lucides sont unanimes pour dire que cette frange de l’opposition dite BRDC n’a aucune chance électorale dans les urnes à l’heure actuelle. Démobilisée depuis plus de cinq années, elle a brillé par le bavardage improductif pendant que le camp d’en face occupait massivement le terrain. Prenez deux boxeurs sur un ring : le 1er étant malade et sans ressources ne s’est même pas entrainé pendant cinq ans ; alors que son adversaire ne dormait que sur le terrain d’entrainement et d’échauffement intensifs. Sauf miracle (probabilité quasi nulle), le combat ne peut être qu’à sens unique. C’est le cas avec les candidats déclarés comme Anicet Georges Dologuélé qui s’est bien fourvoyé au sein du BRDC. Il se définit comme le candidat des « déçus » du régime Touadéra. Très mauvais slogan de campagne. La paix retrouvée, les salaires réguliers, l’école en marche… on se demande bien qui sont ces « déçus » et s’ils existent, combien sont-ils, comparativement aux « contents ou moins déçus » du régime.

Il était pourtant fini (ou presque), va-t-il sortir de sa situation judiciaire actuelle en héros ?

 OUI En jubilant quant aux démêlés judiciaires d’un adversaire politique, les extrémistes et flagorneurs du régime se montrent lâches en le remettant en selle par des insultes à son égard. Anicet Georges Dologuélé est allé de lui-même se fourvoyer au sein du BRDC ; n’avait pas encore fini de traverser le désert près de cinq années durant, et n’était que l’ombre de lui-même politiquement parlant. Du jour au lendemain, le voilà, avec une incroyable forme olympique, propulsé au-devant de la scène par la justice ; ce qui fait dire à certains que le Dologuélé de 2015/16 (l’homme de « kota coup ») est de retour, à la grande satisfaction de ses nombreux sympathisants qui renouent au passage avec la confiance en leur champion. A cette époque, le patron de l’URCA inspirait respect mérité dans tout le pays ; ce respect ne provenait pas de la force de la brutalité du langage mais par des méthodes policées au point où d’aucuns l’ont traité de « mou ». Entre temps, son parti (URCA) s’est affaibli et les militants démobilisés. Le voilà revigoré, remis en scène non pas par un quelconque exploit de sa part, mais par une (certaine) interprétation de la loi, sous des applaudissements des flagorneurs-profiteurs du régime agissant maladroitement et croyant garder les faveurs du Chef de l’Etat. La candidature à « problème » du chef de file de l’opposition à la présidentielle est l’occasion pour ces derniers de faire du bruit autour de la Constitution, pour exister et attirer ainsi le regard présidentiel sur eux, penseraient-ils. Il n’est pas sage de laisser des arrivistes (trempés dans des insultes gratuites, comme on aime bien dans ce pays) crier à la manière des pharisiens, là où il faut du bon sens politique.

Anicet Georges Dologuélé mérite-t-il respect pour son sens républicain ?

OUI En se déchargeant de son passeport français, le leader de l’opposition prend de la hauteur d’un homme d’Etat et républicain, ce dont beaucoup ne rêvent (et/ou ne rêveraient) même pas, accrochés au passeport Bleu-Blanc-Rouge qui leur procurerait des avantages au cas où la RCA basculerait dans l’anarchie, du type 2013. Qui sait ? Une élection présidentielle sans le leader de l’opposition, c’est comme aller chercher la victoire sans coup férir, une victoire sans saveur. La justice et la politique étant des amies inséparables, le bon sens voudrait voir Dologuélé sur la ligne de départ à la présidentielle de décembre pour sauver la démocratie. Le reste n’est que juridisme pour le juridisme : terrain fertile des gens qui se plaisent dans des débats stériles.

Par Gilbert G. Mbakop éditorialiste (contacts : 72 06 50 12 / 75 54 64 94. Courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)

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