« Dominique Yandocka, tu m’as tué… sur les antennes d’une radio coloniale » 
Gaspard est étudiant ; très tôt à l’université de Bangui, ce mardi 18 février, il est déjà là pour prendre part à la conférence-débat que va animer JM Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique sur le thème « Assiste-t-on à l’émergence d’un nouvel ordre mondial ? » Dans sa peau de ce nouveau type d’Africain aspirant à la liberté, il se dit « terrifié » par la sortie de Dominique Yandocka sur les antennes de RFI, « le redoutable instrument médiatique de prédilection de la mère patrie pour conditionner, tenir l’esprit captif en aliénant les pauvres africains encore crédules.» Le député du 4è arrondissement était l’invité de RFI ; et ce jeune étudiant en master à la faculté de Droit ne cache pas sa déception en entendant un compatriote « complexé » (c’est lui qui le dit) se vanter avec sa deuxième nationalité, celle d’un pays qui a contribué (et contribue encore), des décennies durant, à pourrir le développement de son propre pays. Il nous charge de porter cette lettre ouverte à son intention et à tous les Centrafricains.
Ita Dominique,
La République centrafricaine, notre pays, détient le triste record de coups d’Etat (réussis ou manqués) ; et tu t’es retrouvé en prison parce que la justice te soupçonne d’être mêlé dans un sale coup ; on t’a arrêté, jugé et condamné, et ces magistrats l’ont fait en leur âme et conscience, car la justice de notre pays, quoi qu’on dise, abat un travail formidable. Une fois libéré, tu as d’abord fait profil bas parce que tu calculais le renouvellement de ton passeport centrafricain alors que la France, ton second pays pouvait bien d’en donner un autre. Touadéra qui avait ordonné ton arrestation, comme tu le clames si fort (fausse accusation qui vaut un autre procès) n’est pas intervenu pour ordonner qu’on ne te délivre pas ce document de voyage. Ce Touadéra-là est vraiment méchant…
Ita ti mbi
Dis-moi, c’est quoi cette prétention arrogante et le mépris pour les Ziguélé, Dologuélé, tes aînés politiques qui trainent chacun une quarantaine d’années de vie politique ; mais toi tu estimes que Touadéra n’a pas peur d’eux mais plus tôt peur d’un petit CV comme toi, au point de t’empoissonner (une autre accusation grave et punissable par la loi) ; c’est ridicule ; d’autant plus tu es allé pleurer auprès des colons qui maintiennent ton pays dans la misère. J’espère qu’ils ont bien essuyé tes larmes ; mais sache qu’ils ne feront rien car les temps ont changé ; même leur ambassadeur en est conscient, le pourquoi il a organisé une conférence pour reconnaitre l’émergence d’un nouveau type africain, éveillé et épris de liberté comme le petit étudiant que je suis, contrairement à ces esclaves à qui on offre la liberté mais se complaisent dans leur condition de captif.
Ita ti mbi
Je vais lancer une pétition pour que le Chef de l’Etat prenne une décision autorisant la candidature de tous les Français (mon œil) que vous êtes de vous présenter à l’élection présidentielle ; je suis sûr et certain que vous allez prendre une raclée historique dans les urnes devant le candidat du régime au pouvoir (Touadéra ou quelqu’un d’autre). Faut-il que je te rappelle que pendant que vous (de l’opposition) vous déchirez comme des gamins, le MCU recrute massivement des nouveaux militants et sympathisants ? Pour terminer j’attends des photos de toi sur le champ de l’Elysée et devant la Tour Effel ? Il se peut que c’est le « paradis » pour certains Africains utilisant encore des vieux logiciels. Mon paradis ? C’est ici à Bangui, au bord du fleuve Oubangui.
A travers la plume de Gilbert G. Mbakop, éditorialiste
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