Tous nos services secrets seraient-ils infiltrés par les Rwandais ?

Le Rwanda a « infiltré » tous les services de renseignement militaire en RDC, Kagamé a-t-il fait la même chose en RCA ?

Qui dit sécurité en Centrafrique pense rapidement aux militaires rwandais dans les rues de Bangui ; les hommes de Paul Kagamé sont connus pour leur discrétion et discipline légendaires. Les militaires Rwandais en Centrafrique y sont à double titre : arborant premièrement le casque bleu dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), ils sont en première ligne quant à la sécurité au sommet de l’Etat (gouvernement, parlement et présidence de la République); et ensuite dans le cadre de la coopération bilatérale, les (autres) hommes envoyés par Kigali sont au front dans l’arrière-pays pour régler leur compte à des rebelles récalcitrants. Que ça soit dans l’un ou l’autre cas, les résultats sont « satisfaisants » du point de vue des autorités de Bangui. Dès leur arrivée en 2014 (naissance de la MINUSCA), les hommes de Kagamé ont commencé par éliminer méthodiquement et systématiquement tous les rwandais installés en Centrafrique et soupçonnés d’être de près ou de loin liés au génocide en 1994, chez eux.

Le bras armé des receleurs européens

Les évènements douloureux en provenance de la République démocratique du Congo où de nombreux rapports internationaux indexent le Rwanda pour son soutien massif aux rebelles dit « M23 » viennent réveiller les craintes des centrafricains quant à la présence de plus en plus grandissante dans la machine sécuritaire du pays et d’autres secteurs d’activité de ce petit pays qui vient de bénéficier d’une grosse enveloppe de la part de l’Union européenne (UE) en guise d’aide militaire et surtout d’un curieux accord avec cette même UE sur les matières premières ; alors que son sous-sol est totalement « vierge ». Le pillage des ressources naturelles de l’Est du Congo (RD) est la réponse pour quiconque veut savoir pourquoi et comment ce petit pays outrageusement et dangereusement militarisé est bien ménagé par ses maîtres receleurs européens.

Infiltration inquiétante des services de renseignements des autres pays avec l’aide de certains pays de l’OTAN

Ancien chef de renseignements militaires ougandais et bénéficiant de grands coups pouce sournois et hypocrite de certains pays de l’OTAN, Paul Kagamé n’a aucun problème d’infiltration des cercles sécuritaires partout où il veut ; il aurait noué des liens avec un certain Horatiu Potra qui, à une époque, aurait séjourné en Centrafrique (où il aurait eu le temps d’entrer en contact avec l’homme fort de Kigali à travers ses militaires sur place). Il voulait dit-on « négocier la formation » des militaires centrafricains… en vain ; et par la suite, ce Horatiu s’est retrouvé à la tête des mercenaires Roumains chargés de protéger la ville de Goma, payés à prix d’or par le gouvernement congolais; sauf qu’entre-temps ce chef mercenaire n’avait qu’une seule mission : jouer un sale jeu au profit de Kigali, autrement dit un pion aux côtés des autorités congolaises qui livrerait tous les renseignements nécessaires à Kagamé ; et ces hommes (mercenaires) n’ont pas hésité de traverser les frontières avec bagages et caisse pour aller faire allégeance à Kagamé en se moquant de Félix Tshishékédi. Les services de renseignements de Kigali, c’est le haut niveau. Pardi !

Cet affreux film détestable tourné entre Kinshasa et Kigali a de quoi réveiller la crainte et la méfiance des centrafricains vis-à-vis des hommes de Paul Kagamé (et ses services de renseignements), épinglé par tous les rapports sérieux dans l’agression et le pillage des mines du Congo. « Ce qui arrive aux autres ; peut aussi nous arriver. » ; la découverte d’un diamant de 587 carats dans la région de Nzako vient confirmer que la République centrafricaine, comme la RDC, est aussi riche en minerais ; et cela aiguise bien des appétits. Le Rwanda n’est pas en Centrafrique uniquement pour nos beaux yeux ; que ceux qui ont les oreilles entendent.

Par Gilbert G. Mbakop, éditorialiste

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