Parole de victime de crises en Centrafrique

Bertin BOTTO : « Je remercie ABA-ROLI pour tous ces efforts qu’elle fournit pour venir en aide aux victimes; et j’attends aussi des juges qu’ils disent le droit sans crainte »

Publié le 28 octobre 2022

Bertin BOTTO, la cinquantaine révolue, est l’une des nombreuses victimes des différentes crises socio-politiques du pays. Aux noms de l’Association d’Entraide aux victimes des Évènements (AEVI) dont il est le président et du Collectif  National des Associations des Victimes de Centrafrique (CNAV-CA), son secrétaire général, il a participé à ces deux ateliers avec beaucoup d’assiduité ; Il donne ses impressions et ses attentes.

 

Quand et comment avez-vous été touché par l’un de ces nombreux conflits ? 

Le 05 décembre 2013, ça commencé par l’humiliation physique et morale des gens que je n’avais jamais vu, lesquels  sont sortis je ne sais où ; puis j’ai vu ma maison et mon atelier de soudure pillés ce jour et partis en fumée le lendemain ; tout comme celle de ma mère.

Vous êtes actif dans la recherche de la justice, qu’est ce qui peut expliquer selon vous cette recrudescence de la violence au pays ?

En plus de la mauvaise éducation que nous trainons  tous; voyez comment les hommes politique gèrent les affaires publiques : népotisme, tribalisme, clanisme, marginalisation de certains centrafricains, tout ceci ne peuvent que créer la tension

Vous avez assisté au tout premier procès de la CPS, qu’avez-vous ressenti en voyant des gens devant les juges et accusés de crimes contre l’humanité ?

Je me suis dit: enfin la justice est en marche dans ce pays; Je demande au passage à tous les juges de nous servir que la justice, rien que la justice, même cela va à l’encontre des membres de leur famille. On ne pourra construire ce pays qu’avec la justice véritable.

Le temps de réparation et de protection des victimes et témoins est déjà à la mode ; qu’attendez-vous ?

Je prends à mon compte tout ce qui s’est dit lors de ces deux ateliers initiés par ABA-ROLI et la CPS. Je remercie ABA (soutenu par le gouvernement américain) pour tous ces efforts qu’elle fournit pour venir en aide aux victimes vulnérables en matière de justice. Je sors de ces deux ateliers édifié.

On parle de la protection des victimes et témoins mais vous vous affichez sans crainte…

Quand on a vécu en direct et dans sa chaire les évènements douloureux de 2013, on n’a plus peur de la mort, comme dit ce proverbe bantou : « lorsqu’on est dans l’eau on ne fuit plus la pluie

Qu’avez-vous retenu de ces quatre jours de travaux animés par d’imminents juristes ?

J’attends de ces experts la mise en place du document stratégique sur la réparation et les indices de performance qui pourrait enfin évaluer le niveau de satisfaction par les justiciables des services de protections des victimes et témoins mais de toutes les victimes de violence, d’où qu’elle vient

Propos recueillis par Gilbert Mbakop

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