Concours de plaidoirie. L’État « gagne » son procès fictif à la Cour pénale spéciale grâce à son avocat/conseil, le Lycée Providence Saint Charles

Publié le 21 février 2024
Prise d’assaut par des élèves compétiteurs et /ou supporters, la salle de la Cour pénale spéciale (CPS) a vécu un procès d’un autre genre contre l’Etat devant le Conseil constitutionnel, le 17 février ; ceci dans le cadre de la deuxième édition du concours de plaidoirie inter-lycées sur le thème « Droit de l’Homme, Cohésion sociale et Moi. » Une initiative du Centre d’études juridiques africaines (CEJA), Organisation dotée du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social de l’ONU, basée en Suisse. C’est le magistrat Olivier Beauvallet, Vice-président de la Cour pénale spéciale qui ouvre les cérémonies de cette compétition éliminatoire qui a réuni au départ seize établissements scolaires de la capitale.
Le lycée de Miskine et le lycée Providence de Saint Charles, coachés respectivement par Azou-Passonda Mario et Gafeïna Arnaud Ephrem (tous enseignants à l’université de Bangui), se retrouvent en finale devant un jury composé de Jean-Pierre Waboué, président de la Cour constitutionnel, du procureur Bernard Dénéréaz, Premier procureur du canton Vaud en Suisse. Le problème est une histoire politique; le lycée de Miskine accuse l’Etat d’avoir failli à ses obligations régaliennes en abandonnant le système éducatif dans des conditions déplorables et indignes.Les débats contradictoires donnent lieu à des arguments pertinents et les échanges de ces jeunes faisant penser à un vrai prétoire et sous l’admiration des jurés, impressionnés. Les accusateurs mettent en avant la gabegie et la mal gouvernance pour réclamer la condamnation du gouvernement (l’Etat) ; la réplique de ce dernier se fonde sur une interrogation qui fait mouche: « Faut-il condamner un Etat uniquement parce qu’il est pauvre et n’ayant pas de moyens nécessaires dans un contexte de crise multiforme ? » non sans accuser à son tour l’incivisme caractérisé des élèves et l’instinct casseur des groupes rebelles qui, dans leur salle besogne, ont l’habitude de transformer les salles de classe en camp et dépôt d’armes.
Le trophée de la victoire de ce procès fictif mais très instructif revient à l’équipe (quatre élèves dont trois filles) du lycée Providence de Saint Charles qui rentre avec les applaudissements nourris du public, signe qu’elle a bien mérité son titre de champion en herbe en droit. Tous les finalistes et leurs deux encadreurs respectifs reçoivent chacun un IPad dernier cri et d’autres cadeaux symboliques.
Une élève blanche (française) au lycée de Miskine
Découverte. Anaïs Perier, la stagiaire venue de France et fière dans son uniforme du lycée de Miskine
Faisant partie de l’équipe du lycée de Miskine qui a perdu en finale de ce concours de plaidoirie inter-lycée, Anaïs Perier (photo) est stagiaire auprès des organisateurs et sous la direction du Dr Ghislain Lessene, directeur du Centre d’études juridiques africaines (CEJA). En deux semaines de séjour en Centrafrique, la juriste stagiaire a eu le temps d’apprécier l’hospitalité centrafricaine, s’est fait plein de connaissances en milieu de jeunes du lycée; lesquels voyaient en elle la camarade du lycée ne bénéficiant d’aucun passe-droit: soumise au règlement intérieur de leur établissement, elle arbore avec fierté son uniforme scolaire non sans forcer la curiosité du public
Récit: Gilbert Mbakop