« Le Référendum Constitutionnel du 30 juillet remplit les normes internationales en matière d’organisation des élections »
Jean Marie NGONDJIBANGANGT, Chef de Mission de la Coordination des Experts Électoraux Africains (CEEA)

Publié le 16 août 2023
EN termes d’expérience d’observation électorale, il se targue d’avoir un costaud CV, difficilement égalable. Voilà une trentaine d’années que Jean Marie NGONDJIBANGANGTE, à la tête de la Coordination des Experts Électoraux Africains (CEEA), sillonne le continent africain pour observer tout type d’élection. Ambassadeur, Chevalier de l’Ordre National Burkinabé, il est incontestablement le doyen africain en matière d’observation électorale. De la Côte d’Ivoire en Afrique du Sud en passant le Soudan, Sénégal… il arbore sa fameuse tenue traditionnelle africaine qui ne laisse personne indifférent. Présent en Centrafrique pour le scrutin référendaire du 30 juillet, il dresse le bilan d’activités de son équipe.
Le pourquoi cette présence en RCA et la taille de son équipe d’observateurs internationaux
« Je suis à la tête d’une équipe de 75 observateurs internationaux, venus du Cameroun, RDC, Burkina Faso, Mali, Gabon et Tchad. Certains parmi nous sont arrivés le 02 juillet. Nous nous sommes déployés à Bangui, Bouar, Mbaïki, Bria, Berberati Baoro, Damara, Gordil et Bossangoa » La Coordination des Experts Electoraux Africains (CEEA) que j’ai l’honneur de présider est circonstanciellement constituée de Plan International pour la Démocratie et la Paix en Afrique (PIDPA), une ONG de droit Burkinabé »
La Campagne
« Nous avons constaté que la campagne s’est bien déroulée dans un climat de paix malgré les craintes suite aux messages de haine sur les réseaux sociaux; heureusement que les médias classiques ont fait un travail irréprochable. Je parle là sous le contrôle du Haut conseil de la communication (HCC) ».
Les rencontres
« Nous avons rencontrés, avant même l’ouverture de la campagne, quelques hautes autorités du pays donc le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre, le président de l’Autorité nationale des élections (ANE), les ministres de l’Administration du Territoire, de la Sécurité publique et de la Communication, quelques membres de la société civile. Malheureusement aucun leader de l’opposition défavorable au scrutin a accepté de nous recevoir, c’est aussi cela la démocratie… »
Le déroulement du scrutin
« Nous avons été surpris par la sérénité des électeurs et celle de l’organe organisateur qu’est l’Autorité nationale des élections (ANE) partout où nous étions présents le jour du scrutin. Respect du secret de vote, présence dissuasive de la force de sécurité, scrutateurs et d’autres observateurs (nationaux et internationaux) disciplinés, etc.
Recommandations et propositions
« Le gouvernement doit penser à rédiger les textes régissant les élections et les traduire en langue nationale, le Sango et les mettre à disposition du public. La CEEA félicite tous les acteurs impliqués dans la bonne organisation de ce processus référendaire constitutionnel »
Les résultats
« Nous ne sommes pas surpris des résultats provisoires de l’ANE consacrant le OUI (95,21% NDLR) car ils ne sont pas loin de nos propres chiffres. A notre avis nous n’avons pas noté quelque chose de si grave pouvant pousser la Cour Constitutionnelle à invalider ces résultats. »
Propos recueillis par Gilbert Mbakop