Les cadavres de la paroisse de Notre Dame de Fatima

Le bourreau de l’Abbé Paul Emile NZALE, arrêté

Dix après les évènements tragiques, les fidèles de l’Eglise Catholique Notre Dame de Fatima, située dans le 3ème arrondissement de Bangui se félicitent de l’arrestation du bourreau de leur guide spirituel. L’homme de « Dieu » a été tué, lors d’attaques au sein même de sa paroisse, le 28 mai 2014. Jean Michel Ndowoutou Secrétaire à la paroisse Notre Dame de Fatima est témoin des évènements, et toute la communauté chrétienne catholique de Centrafrique en particulier et du monde entier en général étaient plongés dans l’émoi. Le pays, à cette époque vivait dans un conflit armé, suite au renversement de François Bozizé par des éléments de l’ex-Séléka (à majorité « musulmans ») de Michel Djotodia. Certains avaient vite qualifié de conflit « religieux ». Il fallait beaucoup de culot pour qu’un « musulman » s’aventure dans le 4è arrondissement, de même pour un « chrétien » de se retrouver au KM5 par exemple. Jean Michel Ndowoutou, Secrétaire à la paroisse Notre Dame de Fatima peine à oublier ces moments douloureux ; d’autant plus qu’il a aussi vécu l’assassinat d’un autre abbé, en occurrence Albert Tunjumalé, tué toujours dans l’enceinte de la même paroisse, le 1er mai 2028.
Dans le cadre d’un dossier sous instruction judiciaire auprès de la Cour pénale spéciale (CPS) visant l’attaque meurtrière, le suspect ABAKAR ZAKARIA Hamid (alias SG) est sous le verrou, interpellé le 04 septembre 2024 en vertu d’un mandat d’arrêt des juges d’instruction de la CPS du 15 juillet 2022. Il est présenté le lendemain (05 septembre) devant les juges d’instruction qui ont procédé à sa première comparution. Après avoir été informé de ses droits, il est inculpé de crimes contre l’humanité par meurtre, extermination, persécution, disparition forcée de personnes, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international et autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des  atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale. La liste des charges n’est pas finie : crimes de guerre par meurtre, atteintes à la santé et au bien-être physique ou mentale des personnes de même que les traitements cruels tels que la torture, les mutilations ou toutes formes de peines corporelles, attaque contre la population civile, attaque contre des lieux de culte, attaque contre des biens indispensables à la survie de la population et pillage. Ouf !
Il n’est pas seul dans ce même dossier, sept complices sont aussi inculpés par le Cabinet d’instruction, et tous ont la particularité malheureuse de porter des noms à consonance musulmane : ADAMOU YALO (alias ADAMOU JESUS), HADIATOU GARY, ABDEL KADER ALI (alias AMERICAIN), YOUSSOUF AMAT Youssouf, AMAT KALIT (alias KALEB), MAHAMAT ABDOULAYE (alias ISSA MBONGUE) et AHAMAT TIDJANI.
La procédure d’instruction se poursuit à charge et à décharge ; et les victimes croisent les doigts.

Gilbert Mbakop (avec la CPS)

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