Un « espion » français dans la maille de la justice centrafricaine

Accusé d’espionnage, de détention illégale d’armes de chasse et de détention illégale d’armes de guerre… Rémy Juan Quignolot « fuit les juges pour la deuxième fois »

Publié le 25 novembre 2022

« Au lieu de continuer à tergiverser, la loi à prévu ces cas de figures. C’est pourquoi le ministère public, par notre voix, va requérir que votre cour puisse à partir d’aujourd’hui, conformément aux dispositions de l’article 298 et suivants du code de procédure pénal, consacrer une procédure de contumace contre cet individu qui s’entête à ne pas se présenter » Ces propos sont de Donatien Maïssemo, 2ème avocat général en service au parquet de Bangui qui ne cache pas son désaccord quant à l’absence suspecte de l’accusé.

Rémy Juan Quignolot est un ressortissant français qui bénéficiant d’une liberté provisoire après plus d’un an de détention au Camp De Roux et accusé d’espionnage, de détention illégale d’armes et munitions de guerre et détention illégale d’arme et munitions de chasse. Arrêté par les services de sécurité le 10 mai 2021, il a été mis en liberté provisoire le 28 septembre 2022 à la demande de ses avocats ; et par la suite de cette détention, il avait créé la polémique en voulant attirer l’attention sur lui par une grève de la faim. Ouvert le vendredi 11 novembre son procès a été reporté pour une semaine à cause de sa santé « jugée critique » par sa défense. Le public a malheureusement constaté qu’il a encore brillé par son absence lors du deuxième procès (18 novembre) pour la même raison. Me Guy Andoma, un de ses avocats tente une justification : « Aux dernières nouvelles, l’état de santé de M. Quignolot ne lui permettait pas de se présenter aujourd’hui devant l’assise. Et nous, ses avocats, déplorons cette situation malheureuse. Nous sommes là, nous constatons qu’il n’est pas présent, c’est compte tenue de la dégradation de son état physique général »  Intriguée par l’absence de document médical et ignorant aussi le lieu où il se trouve, la Cour décide pour la fermeté : « La cour prend acte des observations du ministère public. La cour va faire un renvoi ferme à la prochaine date. Advenu cette date, si l’accusé Quignolot ne se présente pas, la cour prendra toutes les mesures qui s’imposent. Donc la cour fait un renvoi ferme au 07 décembre 2022» averti clairement Thierry Joachim Pisséré, son président.

« Il faut être étranger et surtout blanc de peau pour bénéficier d’une liberté provisoire, puis disparaitre facilement du radar du parquet, même celui de son avocat. Nous avons vu un centrafricain sur un brancard lors du premier procès de la Cour Pénale Spéciale ramassé 20 ans de prison » s’indigne un anonyme dans la salle d’audience

Récit: Okollo

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *