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« Que la Cour reconnaisse les préjudices subis, en agissant de sorte que l’avenir des victimes occupe une place de choix dans sa décision finale »
EN ESPACE d’une semaine dans une même salle, un public constitué en majorité de de victimes (et/ou leur ayant droit) ont suivi tour à tour les retransmissions en direct du procès de quelques-uns de leurs bourreaux : prononcé du jugement de Mahamat Saïd, reconnu coupable de faits graves et l’audience sur les réparations dans l’affaire Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona déjà jugés et condamnés (15 et 12 ans) il y a plus d’un an. L’audience du 1er octobre, tenue dans une ambiance de débat contradictoire constitue la phase de préparation, destinée à permettre aux juges de récolter, avant toute décision, les besoins des victimes, de la Défense, du Procureur, et surtout du Fonds au profit des victimes, tant attendus en Centrafrique. Depuis Bangui quelques autorités invitées par le Bureau local de la CPI se montrent discrètes, mais pas le Procureur de la République près du tribunal de Bangui, aux côtés de Flavien Mbatta, ambassadeur de Centrafrique en France avec compétence sur le Pays-Bas où se situe la Cour. Assises en bonne place dans la salle d’audience, les deux autorités représentent officiellement l’Etat centrafricain dans cette affaire, leur présence traduit bien le choix souverain du pays à son adhésion aux Stats de Rome.
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Sandrine Koïropi, 1ere Vice-présidente de la Commission vérité justice et réparation (CVJR) occupe les 1ers rangers des chaises ; elle cherche à comprendre pour après, mieux expliquer sur le terrain de la sensibilisation comment réparer de manière juridique et concrète les préjudices subis par les victimes des crimes établis par la CPI qui, par cette occasion n’a rendu aucune ordonnance définitive de réparations. Tout comme le public invité, Sandrine a seulement entendu les observations des différentes parties donc celle des victimes, curieuses de savoir quel sera ce système de réparations équitables réalisables pour elles, établies en Centrafrique.
« Bien qu’aucune mesure ne puisse effacer définitivement les plaies encore saignantes pour certaines, les victimes veulent que la Cour reconnaisse les préjudices subis, en agissant de sorte que leur avenir occupe une place de choix dans sa décision. » Vœux d’un anonyme (et victime indirect), partagé par Evodie Ndémadé, membre de cette CRJR et qui se frotte régulièrement aux victimes. Selon l’ancienne journaliste, ces dernières ne demandent pas une montagne ; leurs besoins peuvent se résumer en cinq points : retrouver l’autonomie, retourner chez soi, retrouver sa place au sein de sa communauté, reprendre une activité et envoyer aisément l’enfant(s) à l’école.
L’histoire de la République centrafricaine est liée à des violences répétées, consécutives à la mauvaise gouvernance. Mais depuis l’arrivée des nouvelles autorités, l’impunité semble trouver un écho favorable au sein de la population et la peur du gendarme contribuent au retour de la stabilité malgré quelques zones d’ombre d’insécurité ici ou là. Les activités de la Cour pénale spéciale (CPS) contre les chefs de guerre en Centrafrique sont suivies de près par la population dans son ensemble. L’arrêt des poursuites contre Maxime Mokom, celui-là que toute la région de Mbaïki (Sud de la capitale, Bangui) considère comme un criminel, a été mal vécu par les Centrafricains ; mais les jugements puis condamnations de Yekatom et de Ngaïssona et probablement celle de Mahamat Saïd sont saluées à leur juste valeur symbolique.
Récit : Gilbert G. Mbakop

