Ligne de défense 4è COMITÉ D’ORIENTATION STRATÉGIQUE DU PROJET NENGO : « UNE RÉPONSE AUX PROBLÈMES AUQUEL EST CONFRONTÉ LE PAYS SUITE AUX NOMBREUSES CRISES SÉCURITAIRES »


L’illégalité entre l’homme et la femme est un fait constant et c’est bien l’histoire humaine qui nous apporte ce constat pour le moins indigne. Il va sans le dire qu’en Centrafrique cette inégalité est marquée par de nombreux facteurs (politique, culturel)… Depuis plusieurs dizaines d’années déjà, le pays est plongé dans de conflits armés, lesquels conflits ont provoqué de graves crises sécuritaires. Les femmes en paient un très grand lourd tribut car elles sont généralement des premières victimes directes et/ou indirectes. C’est pour cette raison qu’un consortium s’est vite constitué pour mettre sur pied le projet Nengo (qui veut dire dignité). Ce bloc de généreux est composé de : la Fondation Pierre Fabre, la Fondation Docteur Denis Mukwege (« l’homme qui répare les femmes » comme on l’appelle en RDC), la Fondation Panzi RDC et de l’Institut Francophone pour la Justice et la Démocratie. Ces différentes entités ont compris plus vite que les autres (semble-t-il) qu’il faut unir les forces pour promouvoir la prise en charge holistique des victimes de violences sexuelles et violences basées sur le genre, ainsi que des femmes vulnérables souffrant des pathologies gynécologiques graves telles que les fistules, les prolapsus et les mutilations génitales féminines dans cette RCA dont l’image à l’étranger est suffisamment ternie par toutes sortes d’injustices et de violences.
L’une des forces de ce consortium est matérialisée par la mise en place d’un centre « guichet unique », localisé dans la capitale centrafricaine, précisément au sein du centre Hospitalier Universitaire de l’Amitié (CHUASC) et de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC) pour s’occuper des victimes. C’est bien avec le financement de l’Agence française de Développement (AFD) que cette idée s’est transformée en actions concrètes sur le terrain. Le Projet Nengo permet aux victimes de violences sexuelles (VVS) et violence basées sur le genre (VBG) de Bangui et des localités de l’arrière-pays, de bénéficier d’un accompagnement et des soins adéquats de manière coordonnée et complète. Le projet tire son expérience sur un transfert de compétence Sud-Sud et vise à dupliquer le modèle de soins holistiques de panzi qui a été initié à Bukavu en République Démocratique du Congo. L’exemple holistique de panzi est, au départ une initiative du célèbre médecin congolais Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018 et vise une prise en charge totale de la personne, ses besoins et la façon dont ces différents facteurs s’influencent mutuellement. Il est construit autour de quatre piliers répondant aux besoins essentiels de guérison de la victime et de son autonomisation : médical, psychologique, socioéconomique et juridique.Le but final étant de mieux coordonner la mise en œuvre des activités tous les six mois avec l’ensemble des parties impliquées.
Lors du 4è Comité d’Orientation Stratégique de ce projet qui s’est tenu le jeudi de la semaine dernière (15 septembre) dans la capitale, les partenaires et autres invités de marque sont rentrés tout étant édifiés sur quelques-unes de nombreuses activités de ce projet au profit des victimes de violences sensuelles basées sur le genre. Au-delà du « Comment améliorer la prise en charge entière de ces victimes », il a été donné aux différents invités de marque (représentants du ministère de la Santé et de la Population, Ambassade de France, entre autres) et autres participants de considérer et d’apprécier les activités semestrielles (du 1er décembre 2021 au 31 mai 2022) en république centrafricaine. En retour les organisateurs, qui au passage ont partagé les défis, les perspectives et les difficultés rencontrées, ont promis de tenir compte de nombreuses recommandations à eux faites par quelques participants. Planifier le référencement des malades avec des organisations de la société civile et les Ong entre autres font partie des défis auxquels le consortium est condamné à ne pas baisser les bras.
Reconnaissance des autorités gouvernementales « Merci à la France à travers l’AFD pour le financement ayant permis de mettre en œuvre ce projet »
C’est par la voix du Ministère de la Santé et de la Population que le gouvernement (qui y est pour beaucoup et d’une manière ou autre dans ce projet) exprime sa gratitude à la coopération internationale et à la France à travers l’AFD pour le financement ayant permis ayant de mettre en œuvre ce projet porté par le consortium « pour avoir apporté une réponse aux problèmes dont la Centrafrique est confrontée suite aux crises récurrentes qu’elle continue de traverser. » La représentante du ministre (empêché) est revenu sur les deux centres de prise en charge qui ont été créés à l’hôpital de l’Amitié et au sein de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC) pour rappeler que ces centres ont permis la mise en œuvre des activités de renforcement de capacités du ministère en charge de la santé et l’AFJC qui sont des structures au service des populations.
C’est au moyen des séries de formations, des activités de prise en charge des victimes (4554 consultations depuis le début du projet), l’hébergement d’urgence (une quinzaine de lits de repos psychologique des malades et survivants dans le processus de guérison…), les équipements et matériels donnant l’exemple de partenariat agissant et significatif pour les bénéficiaires et victimes de ces violences basées sur le genre.
Construction de deux salles de consultation: crainte de stigmatisation des victimes vite dissipée
Il est prévu la construction de deux salles tout près des services gynécologiques dans l’enceinte de l’hôpital de l’Amitié pour accueillir les victimes. Cette idée a vite suscité la crainte de « stigmatisation des victimes » de bon nombre de participants dont le Dr JB Madoundji, directeur général de la pharmacie et de l’organisation des soins au ministère de la Santé et de la Population. L’assurance est aussitôt venue du côté du Pr Serdouma Eugène, chef de service maternité à l’hôpital de l’Amitié : « ces deux salles à construire seraient destinées à recevoir toutes les malades confondues et pas seulement les victimes de VBG » tient-il à préciser avec insistance.