Un mercenaire à la solde des puissances étrangères écope d’une peine de 10 ans de prison en Centrafrique

Joseph Figueira Martin, Belgo-portugais, ami des rebelles centrafricains, va devoir désormais purger sa peine dans une prison exotique, sous les tropiques… si la realpolitik n’intervient pas

Comme tout bon mercenaire en activité qui se respecte, Joseph Figueira brandit une casquette flatteuse pour se faire enregistrer par des autorités consulaires centrafricaines : spécialiste des questions de transhumance et de pastoralisme (sic), ancien collaborateur d’International Crisis Group, de Global Witness, d’African Parks, de l’Union européenne et consultant a FHI 360… Une fois en possession de son permis de séjour, l’« humanitaire au grand cœur » peut alors se lancer dans ses vraies activités sous couvert d’une obscure ONG humanitaire américaine, œuvrant seulement dans des zones riches en minerais; des pauvres populations apprécient naïvement son côté flatteur mais trompeur. Les services de renseignements ne tarderont pas à observer ses nombreuses fréquentations des milieux louches du pays et l’arrête la main dans le sac en mai 2024 à Zémio, sans demie mesure. Il va passer près de 17 mois en prison jusqu’à son procès qui vient de s’achever par une lourde peine.

L’accusation

Le 16 juillet 2024, le parquet de la République près du Tribunal de Grande Instance de Bangui informe l’opinion nationale et internationale que ce Belgo-Portugais de 41 ans a financé (transferts d’argent), coordonné (enregistrement téléphonique) l’UPC (à majorité peuhls), un groupe armé qui terrorise les populations et le pouvoir légitime de Bangui, etc. On se demande s’il n’y a pas de centrafricains capables de parler de questions peuhls et de transhumance au point où ces ONG doivent seulement aller chercher un blanc dont ces notions sont inconnues chez eux avec une étiquette méprisante et insultante à l’égard des nationaux: « spécialiste des peuhls et de la transhumance »

La détention et les pressions de toute sorte

Au Camp De Roux où il est détenu depuis près de 500 jours, c’est par le chantage et des affabulations envers les services de renseignement, les militaires et les magistrats Centrafricains que certains de ses complices et commanditaires excèdent : ils attribuent malhonnêtement son arrestation  à des russes du groupe Wagner ; l’organisation Protect Humanitarians lance même une pétition appelant à sa libération estimant qu’il est « innocent », blanc comme neige de Belgique… Les pressions politiques sont aussi entrées en jeu avec l’ambassadeur de Belgique en RCA (résident au Cameroun) qui lui rend visite et partage même un café avec ce prisonnier dont la sécurité serait « menacée », selon Nocolas Tiangaye, son avocat.

Le procès

« La Cour, après en avoir délibéré conformément à la loi, le déclare coupable des crimes de complicité, d’association de malfaiteurs et d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, en application des articles 11, 12, 285, 411 et 412 du Code pénal. En conséquent, le condamne à 10 ans de travaux forcés. Condamne l’accusé Figueira Martin Joseph à servir à l’État centrafricain la somme de 50 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts ». La Centrafrique n’est ni la jungle ni le laboratoire des voyous criminels, caché derrière un masque humanitaire. Les juges centrafricains ont dit le droit sur la base des faits graves et avérés : Joseph Figueira Martin va passer dix ans dans les geôles centrafricaines… à moins que la pression et le chantage économique de certaines puissances occidentales (ses commanditaires) ne le sauvent. Dans un pays comme les Etats Unis ou la Corée du Nord, c’est l’exécution pure et simple ou 50 ans en taule.

Gilbert G. Mbakop éditorialiste (mbakopgilbert20@gmail.com, Tel : 72 06 50 12 / 75 54 64 94)

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