Fort de sa position de monopole jusqu’à un certain temps, la Brasserie MOCAF se croyait tout permis… voilà que la justice lui rappelle que la Centrafrique n’est plus la cour de récréation…

Reconnue coupable de délit de pratiques anticoncurrentielles, cette Société agro-alimentaire qui fabrique la boisson, vient d’être condamnée à payer 154.576.900 F CFA à deux entreprises locales…

C’est une décision rendue par le Tribunal de grande instance de Bangui statuant publiquement et contradictoirement à l’égard des parties en matière correctionnelle qui doit faire école ; ceci en faveur des Etablissements Passinguinza et Yaligaza : deux grossistes et distributeurs de boissons de produits MOCAF, ces derniers se disent « victimes de pratiques anticoncurrentielles en vigueur au sein de cette entreprise brassicole depuis toujours. » Les deux Etablissements vont en théorie recevoir de cette société une somme cumulée de 154.576.900 en guise de « remboursement et amendes »

Ce jugement ordonne, et la publication de l’extrait du dispositif de la décision dans la presse écrite ; et la réception des Etablissements Passinguinza et Yaligaza en condamnant la Société MOCAF Centrafrique S.A à servir les sommes ci-après respectivement aux : 1) Etablissements Passinguinza : cinquante-six millions trois cent vingt mille deux cent (56.320.200) Francs CFA à titre de remboursement et vingt millions (20.000.000) Francs CFA à titre de dommages intérêts ; et 2) Etablissements Yaligaza : quatre-vingt-dix-huit millions deux cent cinquante-six mille sept cent (98.256.700) Franc CFA à titre de remboursement et vingt-cinq millions (25.000.000) Francs CFA à titre de dommages intérêts. La Société MOCAF Centrafrique S.A ayant relevé appel; en matière pénale; l’appel est suspensif.

Voilà juste une année que la société MOCAF avait déboursé près de 12 milliards d’investissement pour moderniser ses installations. Il faut dire que depuis sa création, en 1953, cette société agro-alimentaire, spécialisée dans la fabrication de boisson a toujours évolué dans un contexte de monopole, jusqu’à l’arrivée des russes sur le très lucratif marché de boisson alcoolisée en Centrafrique et au-delà (une bonne partie de l’autre côté de la rive en République démocratique du Congo.) C’est en 1982 que Monsieur Pierre Castel crée la Société Centrafricaine de Boissons (SCB) et fusionne en 1993 avec la MOCAF pour en faire une filiale du groupe BGI.

La rédaction

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