Et si l’université de Bangui réfléchissait sérieusement sur l’ouverture d’une filière « porteuse… » pour les adeptes de la facilité au sein de cette institution ?
Dimanche, 08 juin 2025, jour de pluie au centre-ville de la capitale, communément appelé PK0 ; quelques supers marchés et autres boutiques sont ouverts. Pas besoin d’investiguer pour savoir qui en sont les propriétaires : tous sont étrangers, venant pour la plupart du monde arabe. Des semaines avant, à l’université de Bangui, toujours un dimanche, des maçons chinois (accompagnés de quelques rares centrafricains) mettaient la dernière main sur la construction de la guerite de l’entrée principale. Vous avez tout compris : il est question de mettre en exergue la culture, l’effort et l’amour du travail, même le jour non ouvrable et/ou en temps de pluie, que nous administrent nos amis étrangers.
« Association Touadéra ma vie », « Association Touadéra mon sommeil », « Association Touadéra mon tout » …
C’est pénible de constater que chez nous, certains n’ont toujours pas compris que la construction du pays va se passer absolument par nos propres efforts au travail et personne d’autre à notre place dans ce monde où le nationalisme gagne du terrain un peu partout. Comment ne pas s’offusquer quant à ce phénomène ridicule à la mode depuis un certain temps qui est celui de créer une prétendue association de « soutien de Touadéra » ? Créer un machin pour dit-on « soutenir » le Chef de l’Etat est devenu pour ces individus, adeptes de la facilité, l’occasion de rivaliser d’adresse dans l’imagination en jouant à qui va trouver l’appellation la plus insolite : « Association Touadéra doit vivre éternellement », « Association Touadéra doit s’énerver », « Association Touadéra ma vie », « Association Touadéra, mon rêve et mon passeport » … s’il faut comptabiliser le nombre de ces associations, il faudrait le faire en dizaines.
Il n’y a qu’en Centrafrique qu’on trouve des individus mettant leur savoir-faire non pas pour des projets innovants mais pour des flatteries dévalorisantes
Le Chef de l’Etat est un bosseur, la transformation du pays en huit années de pouvoir actif en témoigne ; il a besoin d’accompagnateurs, chacun dans son domaine, et non de faux jetons. Ses vrais soutiens sont des travailleurs comme lui, et ne le crient pas sur les toits ; beaucoup exercent des petits métiers ingrats, comme ces vaillantes femmes qui laissent tous les jours leurs mari et enfant dans le lit conjugal tôt le matin pour aller chercher du poisson au bord du fleuve qu’elles revendent afin de subvenir aux besoins de leurs familles. Quelques-uns sont dans nos services publics (fief de la paresse et de l’absentéisme notoires), se contentent de leur petit salaire de fonctionnaire mais abattent un travail utile pour le pays. Créer une association de soutien à Touadéra apporte quoi au pays en général et au président en particulier ? Rien d’autre que de l’arnaque, un raccourci tout trouvé pour des paresseux endurcis cherchant éhontément comment vivre. Les autorités ne doivent pas rester passives devant cette comédie de mauvais gout ; il n’y a qu’en RCA qu’on trouve des d’individus mettant leur savoir-faire non pas pour des projets innovants mais pour des flatteries dévalorisantes.
Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (Tél : 72065012 / 75546494, courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)
Articles a lire:
Touadéra et Dologuélé, un duo nécessaire pour la RCA
Invité et piégé sur le plateau de TV5, Touadéra ne tremble pas
« Aides » occidentales : disque rayé
Publicité :


