C’est désormais dans une prison centrafricaine qu’Armel Sayo va écrire un nouveau chapitre de sa riche et affreuse carrière d’un « traître » pouvoiriste
Une vidéo le montre menotté, arborant un T-shirt usé et un sac à dos noir, suivant aux pas de course et mécaniquement des éléments de la sécurité de l’aéroport de Bangui ; le sourire forcé est trompeur : amaigri et mal coiffé, Armel Sayo affiche l’apparence d’un homme fini. En lui faisant des photos de profil, des policiers et gendarmes lui auraient rappelé que la Centrafrique aujourd’hui n’a plus rien avec celle des années de merde où des avions, bourrés d’armes, pouvaient décoller de Libreville ou de Ndjamena pour aider n’importe quel voyou pouvoiriste, à la tête d’une rébellion donc l’objectif est de renverser l’ordre constitutionnel ; même si c’est en massacrant des Centrafricains. La scène de la descente d’avion de « l’enfant gâté » de la République est humiliante pour un ancien ministre qu’il a été, mais chaleureusement saluée par toutes les victimes de différentes crises politico-militaires qu’a connues le pays. Armel Sayo (dont la maman Bernadette fut ministre) est enfin aux arrêts et la justice de son pays peut maintenant souffler après plusieurs mois de tractations diplomatiques entre le Cameroun (où il a été appréhendé) et la Centrafrique. Son extradition est la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par les autorités de Bangui contre le « traître » aux longs yeux ; et le Cameroun, sur ce coup, n’aurait pas fléchit face aux chantages et pressions de qui que ce soit. Pour nombre de victimes centrafricaines « la reprise de son dossier par la Cour pénale internationale serait la cerise sur le gâteau. »
Une vie mouvementée, alternant des feuilles de bananier comme couchoir et des bureaux ministériels feutrés
Le garçon a tout pour séduire toutes les femmes et le verbe pour intéresser un milieu d’intellectuels. Il met tous ses atouts non pas pour rendre heureuse sa famille composée d’une femme d’origine camerounaise et de nombreux enfants ; ou alors pour faire des propositions pertinentes pour la reconstruction du pays ; mais il choisit le chemin des « traîtres heureux ». « Pasteur » un jour (mon œil), ministre un autre jour ; mais dès qu’il n’est plus au gouvernement, il prend le chemin de la rébellion, et quand arrive les Accords de paix, le voilà à nouveau ministre, et puis de nouveau rebelle… cherchant à fomenter un coup d’Etat à tous les prix… excusez du peu. Mais Remarquez qu’il est porteur d’un passeport d’un pays européen et que son pays d’origine, la RCA, a déjà enregistré une vingtaine de coups d’Etat et tentatives de coups d’Etat, préparés tous depuis l’étranger.
Connu pour son parcours sinistre et tumultueux, cet individu est-il défendable ?
Il est accusé par la justice de préparer un coup d’Etat pour renverser l’ordre constitutionnel; et son cas intéresserait Nicolas Tiangaye et/ou Crépin Mboli-Goumba ; ces deux excellents avocats du Barreau centrafricain voudraient bien œuvrer au moyen du droit pour le sauver d’une prison de longue durée, s’il est innocent ; personne n’est contre. Mais pour nous, ce type est une honte pour l’Afrique, pas seulement pour la Centrafrique. Voilà un individu qui allume régulièrement le feu dans son propre pays ; et dès que l’incendie déclenche, il fuit et va se cacher dans sa seconde patrie qui s’empresse de le protéger en criant: « les droits de l’homme sont en péril en RCA ; les opposants y sont pourchassés, patati patata. » N’importe quoi.
Par Gilbert G. Mbakop, éditorialiste, Tél : 72 06 50 12 / 75 54 64 94, courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)
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