Les images des deux membres du gouvernement, anciennement chefs de groupes armés (MLJC et FPRC respectivement), circulent dans l’esprit du public; lorsque le juge rapporteur lit la déposition de l’actuel ministre des Transports.
Deux témoins sont appelés à la barre (03 et 04 mars), le premier porte le numéro N107; dans ses déclarations quant aux évènements « vécus » du 06 mars 2020; il n’apporte rien de ce que la Cour a déjà entendu car se sont les mêmes (ou presque) avec celles des témoins qui les ont précèdé à la barre. Me Mocpat, représentant la défense des accusés en fuite, lui arrache quelques réponses à ses questions sur les attaques : « j’étais chez moi lors de la première attaque avant de me réfugier sur le site de la Minusca… » Concernant celle du 29 avril « je construisais la maison d’un particulier blessé à Ndélé. » Le second témoin (N108) précise qu’il n’était pas en ville, et rappelle au passage que « plusieurs leaders impliqués sont aujourd’hui décédés », citant le cas de Badjadje.
Le lendemain et sous la présidence du juge Aimé Pascal Delimo, épaulés par des juges Emile Djapou et Herizo Rado Andriamanantena, ainsi que de la greffière Marie-Madeleine Touakouzou, le public a droit à quelques révélations de premières mains quand le juge rapporteur lit la déposition d’Herbert Djono Ahaba, actuel ministre en charge des Transports. A l’écoute de cette déposition lue, on apprend que le membre du gouvernement n’a « aucun lien » avec les inculpés, bien qu’ils appartiennent tous à la communauté Goula. Le parquet spécial n’est pas « satisfait » et demande à la Cour d’analyser la dynamique du groupe armé. C’est alors que le public est éclairé dans la mesure où « les responsables du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), dirigé par Djono Ahaba, et du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLJC), contrôlé par Toumou Deya avaient, comme d’autres groupes armés en Centrafrique, créé des sous-groupes, fonctionnant comme des structures indépendantes où chacun trouvait son propre intérêt. » Et le parquet de faire entendre sa préoccupation à savoir la distinction entre groupe armé officiel et non officiel. Me Panda (partie civile) salue la clarté de cette déposition.
Compte rendu : Gilbert G. Mbakop
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