Ahmat Younouss « Encadreur » et Ahmat Issen Abakar, est-ce la même personne ? La « confusion » sur l’identité d’un accusé donne de la graine à moudre à la défense ; et cela risque d’influencer la suite et la fin du procès
Les audiences s’enchainent à la Cour pénale spéciale dans l’affaire opposant le Procureur spécial (photo) contre Oumar Serge Abdoulaye dans l’affaire dite « Ndélé 2 » commence par l’audition, ce 03 mars, d’un témoin protégé identifié sous le numéro N210. D’entrée de jeu, celui-ci conteste une partie de ses déclarations consignées sur le procès-verbal en niant son absence à Ndélé lors des attaques ; la déception se lit du côté du parquet, encore qu’il dit ne rien savoir du tout des éléments du Front populaire pour la renaissance Centrafrique (FPRC) qui se trouveraient à l’église. Le parquet se contenté du fait que ce témoin protégé a néanmoins reconnu en savoir sur Ada comme « combattant du FRPC qui protégeait la ville. » mais s’est offusqué du fait que ce dernier se « contredit »
Le fait saillant des débats nait autour de la « confusion » autour de l’identité d’un des accusés, vite relevée par Me Pessinam, lequel souligne que le témoin est incapable d’établir de lien entre Ahmat Younouss « Encadreur » et Ahmat Issen Abakar. Pour éviter cette « confusion » se reproduise, Me Ngama demande et souhaite que les auditions futures se tiennent en présence des avocats afin d’éviter que les témoins reviennent sur leurs déclarations.
10 minutes après la pause, un autre témoin protégé fait son apparition ; il est identifié sous le N211. Il dit avoir pris une balle lors de l’attaque du 29 avril, soigné un premier temps par la MINUSCA avant d’être transféré à l’hôpital de Bambari où il est resté hospitalisé plusieurs semaines. Il n’informe plus personne lorsqu’il revient sur ce que tout le monde sait : le conflit déclenche lorsqu’un Goula est tué par un élément Rounga, « protégé » par sa communauté alors que la loi du talion devrait être appliquée, une loi « instaurée » par le sultan maire d’ethnie Rounga. Cet autre témoin n’établit pas le lien entre Ahmat Younouss « Encadreur » et Ahmat Issen Abakar. La défense apprécie.
Compte rendu : Gilbert G. Mbakop (photos CPS)
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