L’Ambassade de France et la CPS vantent et vendent l’État de droit… aux étudiants Centrafricains

Des acteurs de la protection des droits humains et des étudiants se réunissent pour célébrer les « 2èmes Journées du Droit » autour des violations, sanctions et réparations

La « Journée du droit », une trouvaille du gouvernement français à travers son ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ; c’est une occasion pour ses ambassades et instituts à travers le monde d’organiser durant tout le mois d’octobre des activités « pour faire vivre et mieux connaître le droit. » Pour la seconde édition, son ambassade en Centrafrique, représentée par Alexandre Piquet (photo, costume bleu ciel) a organisé, le jeudi, 24 octobre, des activités ayant vu une participation nombreuse des acteurs judiciaires de premier plan et à leurs côtés de curieux très intéressés par la notion du droit : ministère de la Justice, la Cour pénale spéciale (représentée par son président et son procureur spécial adjoint) et plus particulièrement une cinquantaine d’étudiants de la faculté de droit de l’université de Bangui, spécialement choisis pour être des habitués des activités de la CPS.

« Droit de l’homme, violations et réparations » est le thème proposé pour cette 2ème édition, répété de nombreuse fois au cours des travaux par Alexandre Piquet qui rappelle aussi que son pays fait du « droit international, le maître-à-danser de sa diplomatie » Venu spécialement de sa France natale pour la circonstance, le magistrat Salas Denis (photo, bras croisés) n’a pas manqué d’apprécier à leur juste valeur les différentes interventions des acteurs de la protection des droits humains, réunis dans la salle d’Auditorium de l’Alliance Française, pleine. Ce magistrat proche de la retraite a aussi découvert et magnifié les résultats des activités des uns et des autres : « Pendant mon séjour, je me suis entretenu avec les juges de la Cour pénale spéciale pour comprendre leurs démarches et leurs difficultés quant à l’affaire dite « Paoua ». Il pousse encore la parole plus haut d’autant plus qu’il se dit « impressionné par le travail de cette juridiction hybride, non familière en France. » Pour un plaidoyer, en voilà un qui cadre bien avec l’objectif principal de ces 2èmes Journées du Droit qui consiste à valoriser les projets en cours et les résultats pour susciter l’adhésion et la contribution de nouveaux partenaires internationaux.

A voir les difficultés que rencontre la CPS, il va de soit en concluant que la contribution financière des Etats Unis est loin de satisfaire les besoins de la CPS, car selon Olivier Beauvallet, son Vice-président (international), cette Cour a puisé sur son budget de fonctionnement pour exécuter des mesures de réparations ordonnées dans l’affaire des victimes d’attaques des villages Lemouna et Koundjili (21 mai 2019), communément appelée « affaire Paoua » qui s’est achevée par de lourdes peines : 20 et 30 ans de prison ferme pour les trois coupables. Simplice Bissi, l’une des victimes a laissé entrevoir son amertume et sa conception des conséquences du crime et des réparations exécutées par la CPS, Il a néanmoins reconnu le caractère « symbolique » de l’argent qu’il a reçu en guise de réparation (comme les autres victimes bénéficiaires) et insiste qu’en « aucun cas ça ne saurait remplacer la vie de ses proches, tués au cours des évènements douloureux survenus dans son village, il y a 5 ans déjà. »

Le conflit armé qu’a durablement traversé le pays est (presque) déjà derrière nous ; place désormais à l’entretien de bons rapports sociaux, en rapport à la vie et la dignité humaine. Les étudiants présents à cette activités sont rentrés édifiés et sont unanimes pour dire que le droit doit rester comme le seul moyen efficace pour un règlement pacifique des conflits entre les centrafricains.

En savoir +

Les réparations peuvent prendre différentes formes, dont une compensation monétaire, une restitution des biens, des mesures de réhabilitation, ou des mesures symboliques telles que des excuses ou des commémorations. » (CPI)

Compte rendu : Gilbert Gilles Mbakop

 

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