Désorganisés et « abandonnés à eux-mêmes » depuis 4 ans, les Centrafricains de l’Afrique de l’Ouest font penser à un troupeau de brebis égarées

Certains de ces compatriotes accusent le Mouvement des Cœurs Unis (MCU) de « politiser » l’association et les autorités d’« abandon total »

Le processus électoral en cours (les dés de la présidentielle déjà jetés) vient nous renseigner sur la « politisation des instruments de l’Etat » si on s’en tient au cas d’Anderson Gustave Mbenam Yanikoulou, le rapporteur de la faîtière des Centrafricains d’Afrique de l’Ouest. Présenté comme membre actif du parti politique MCU et coordinateur d’Afrique de l’Ouest pour cette formation politique au pouvoir, ce dernier ferait partie des responsables des maux qui minent la communauté Centrafricaine de l’Afrique de l’Ouest. L’Organisation Faîtière de la communauté centrafricaine de Côte-d’Ivoire (entendu diaspora des Centrafricains en Afrique occidentale) a été créée à l’initiative du gouvernement avec un objectif clair : structurer la diaspora, défendre ses intérêts, renforcer la solidarité, promouvoir l’image du pays, servir de cadre institutionnel apolitique au service de tous. Objectif noble, mais la réalité actuelle est autre, profondément préoccupante.

Un Bureau éclaté et des responsables introuvables

Son président statutairement élu, Tokpa Bienvenue, est introuvable ; personne n’a de ses nouvelles; la trésorière générale, Arlette Ngoudane, disparue dès les premières heures de la mise en place du Bureau exécutif (photo ci-dessus de quelques membres), laissant la gestion financière sans contrôle. La responsable des associations, Kenguela Neige Emmanuela, est également absente depuis longtemps, sans justification. À cette liste déjà alarmante s’ajoute le responsable des jeunes et des stages, Jeudi Babamingui, lui aussi porté disparu. Ces absences répétées ne sont pas de simples défaillances individuelles : elles traduisent une faillite structurelle grave.

Quatre ans de dérive institutionnelle sans Assemblée Générale

Le Bureau exécutif a été mis en place le 26 mai 2022 pour un mandat de deux (2) ans ; quatre ans plus tard, aucun bilan moral, aucun bilan financier, aucune réunion statutaire, aucun compte rendu. En revanche, trois membres sont en poste juste pour user et abuser de leur poste juteux. Ces derniers maintiennent artificiellement un “équilibre” qui servant surtout des intérêts personnels liés aux titres, au détriment de l’intérêt général.

Le silence complice du commissaire aux comptes

Les interrogations légitimes s’imposent au sujet Vincent de Paul Mbaïna, le commissaire aux comptes. Ce dernier est censé auditer la gestion financière, contrôler le patrimoine, relever les irrégularités et présenter ses conclusions à la communauté ; or, quatre ans après, aucun audit, aucun rapport, aucune communication officielle rendue publique. Plus troublant encore, le commissaire aux comptes est aujourd’hui perçu comme proche et ami des membres restants du Bureau, sans que l’on sache pour quels intérêts. Cette proximité remet en cause son indépendance, pourtant essentielle à sa fonction

Une Faîtière « politisée »

Autre dérive majeure : la politisation ouverte de la Faîtière. Une institution créée pour être neutre et fédératrice ne peut ni tolérer ni intégrer des logiques partisanes. Le cas du rapporteur, Gustave Mbenam, est emblématique. Il est membre actif du parti politique MCU et coordinateur d’Afrique de l’Ouest pour ce parti.

L’urgence

La Faîtière doit être refondée en profondeur, à travers : de nouvelles instances légitimes, des compétences intègres et indépendantes, des statuts et règlements intérieurs publiés et appliqués, des Assemblées Générales régulières avec reddition de comptes, une neutralité politique stricte, et une culture du débat respectueux et constructif.

Par Harris Yann Daworo Banessem

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One thought on “Désorganisés et « abandonnés à eux-mêmes » depuis 4 ans, les Centrafricains de l’Afrique de l’Ouest font penser à un troupeau de brebis égarées

  1. En tant que membre concerné de la diaspora centrafricaine, je constate avec inquiétude la crise profonde que traverse notre communauté en Afrique de l’Ouest, caractérisée par une gouvernance défaillante, un manque de transparence financière et une politisation qui porte préjudice à l’unité de notre faîtière. Cette situation affaiblit notre crédibilité collective et souligne l’urgence d’un renouveau institutionnel fondé sur l’intégrité, la transparence et l’intérêt commun.

    Pour redresser cette situation, je soutiens l’organisation d’une Assemblée Générale extraordinaire accompagnée d’un audit indépendant couvrant les quatre dernières années. Il est également indispensable d’établir un comité provisoire impartial chargé de superviser la réorganisation et d’assurer des élections démocratiques et transparentes. Le rôle du commissaire aux comptes doit être renforcé afin de garantir un contrôle rigoureux et accessible à tous. Enfin, il est crucial d’inscrire dans nos statuts une interdiction claire de toute affiliation politique pour les membres des instances dirigeantes, afin de préserver la neutralité et la cohésion de notre communauté.

    Je suis convaincu que cette démarche rigoureuse et inclusive est la clé pour restaurer la confiance, la légitimité et l’efficacité de notre faîtière, condition indispensable pour relever ensemble les défis à venir avec responsabilité et engagement.

    Ed-Uziel HOUTOUNDOU

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