Deux chefs rebelles centrafricains sous le feu de l’actualité : l’un signe des accords de paix pendant que l’autre affronte le procureur de la CPI

Mahamat Saïd Abdel Kani est accusé d’avoir transformé l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) en enfer, entre autres

Entre la CPI et la RCA, c’est l’entente cordiale, de nombreux chefs de guerre centrafricains sont dans le viseur de cette juridiction internationale ; le public assoiffé de justice pour les victimes, s’y intéresse de près. Après les Patrice Ngaïssona, voici venu le tour d’un certain Mahamat Saïd Abdel Kani de répondre de ses actes présumés : crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Centrafrique. Depuis l’année dernière, Il est déjà déclaré « apte » à comparaitre en procès ; l’heure est aux différentes déclarations de clôture et la retransmission en direct est réservée à un public restreint dans la salle d’audience de la Cour pénale spéciale (CPS) pendant trois jours : du 25 au 27 novembre. De grands panneaux sur des artères à grande circulation de la capitale centrafricaine portant des affiches informent le public depuis des semaines sur l’évènement ; et des invitations à assister à la retransmission sont déjà envoyées aux privilégiés dont des victimes en majorité.

Le programme prévoit la diffusion en direct de trois interventions : mardi 25 novembre, le public a droit à la retransmission en direct des Déclarations de clôture du Bureau du Procureur, traduite en sango, la langue locale et de très loin la plus parlée ; les représentants légaux des victimes de prendre le relai le mercredi, et la parole revient à l’équipe de la Défense le jour suivant (jeudi, 27) pour mettre fin à cette paire de manches de ce long match judiciaire qui se joue depuis La Haye en Hollande et regardé en direct dans la salle d’audience de la Cour pénale spéciale par quelques téléspectateurs en Centrafrique, choisis sur le volet. Les vraies choses ont commencé le 15 septembre 2024 avec l’Accusation qui balance ses preuves ; et quatre mois après, la Défense réplique en appelant lui aussi (le 2 septembre 2025) le premier témoin, muni de ses preuves.

Un contexte particulier

Cet évènement survient dans un contexte particulier pour le pays qui s’apprête à organiser le même jour (jusqu’à) quatre scrutins le mois prochain; et que Mahamat Al-Khatim, l’un de nombreux redoutables chefs de guerre vient de signer un accord de paix avec le gouvernement de Bangui, sous l’égide des autorités tchadiennes. Ce dernier a beaucoup de choses en partage avec Mahamat Saïd Abdel Kani : origine peuhl comme lui, culture des armes et rébellion. Les deux font partie de cette longue liste des chefs rebelles centrafricains suspectés, arrêtés et/ou jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Des faits gravissimes pour l’ancien commandant de la séléka

Aux heures de « gloire » de la sinistre nébuleuse Séléka à Bangui en 2013, le nom de son ancien commandant, Mahamat Saïd Abdel Kani est étroitement associé à des crimes contre l’humanité (tout type d’acte ignobles et inhumains), et de crimes de guerre (torture, traitements d’une extrême cruauté) qui auraient été commis à l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) transformée en véritable enfer sur terre.

Gilbert Gilles Mbakop

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