Le 5eme procès d’Assises de la Cour pénale spéciale (à court de moyens financier et humain) expose deux vieillards dans le box des accusés

Deux septuagénaires parmi les accusés dans l’affaire dite « Guen », 11 ans après les faits graves, relevant de crimes contre l’humanité…

La loi c’est la loi ; elle est dure mais c’est la loi, pour tout le monde : petit ou grand, homme ou femme jeune ou vieux, l’âge visiblement avancé de François Boybanda alias Baléré et de Dieudonné Gomitoua (assistés par leur interprète, image ci-dessus), deux accusés dans l’affaire dite « Guen » en est la parfaite illustration, même si tous bénéficient jusqu’à présent de la présomption d’innocence. Ils sont six : un en « fuite » cinq présents mais quatre sont en uniforme de prisonniers car Dieudonné Gomitoua, comparait libre. Prévu ce jeudi 30 octobre à 10h, c’est finalement à 11 h que le président de la Section d’assises, Aimé pascal Delimo ouvre la séance consacrée aux débats sur l’affaire des crimes commis à Gadzi, Guen et Djomo en 2014 et qui tombent sur le coup de crimes contre l’humanité et de guerre. la raison d’être de la Cour pénale spéciale (CPS) dont le fonctionnement connait de vrais soucis humain et financier. Le retard observé est dû à la tenue au même moment de la session criminelle de la Cour d’appel de Bangui ; certains avocats sont partagés entre la CPS et cette dernière. La séance d’identification de toutes les parties prenantes dans cette affaire est un moment émouvant quand survient le temps des accusés, appelés à tour de rôle à la barre pour entendre le président de la Section leur rassurer sur leurs droits fondamentaux, notamment celui d’être assisté d’un avocat et aussi leur droit de garder le silence.

Si les passages d’Edmond Beïna, Mathurin Kombo et Philémon Rehana alias CB n’ont pas ému la salle, c’est bien le passage de deux vieillards (probablement des septuagénaires) qui ont attiré l’attention du public médusé ; et pour cause : François Boybanda alias Baléré attire tous les regards appuyés du public avec sa barbe en cerceau, toute blanche élégamment taillée, sa marche pénible laisse croire qu’il serait dans le besoin d’une canne de vieillard, l’un de ses co-accusés, Dieudonné Gomitoua, en civil, n’a pas de barbe mais serait bien de sa génération : deux vieillards déjà sous le poids de l’ge dans le box des accusés où on note l’absence de Jean Bahara toujours, introuvable et reste sur le coup d’un mandat d’arrêt.

Le débat tourne autour de l’ouverture ou non de la procédure du contumace concernant l’accusé, Jean Bahara, en « fuite »

D’entrée de jeu, son avocat Me Claude Ngaisset Pessiname, soulève une exception de procédure pour contester la régularité de l’ouverture de la procédure de contumace. Pour lui, « les conditions de fond et de forme exigées par les dispositions applicables ne sont pas respectées. », La Cour entre dans un grand étonnement en l’écoutant se plaindre du fait que les copies en version électronique des procès-verbaux et documents nécessaires à l’exercice des droits de la défense à lui envoyées sont « défectueuses » et que le greffe n’a pas pu lui « fournir la version papier. » Arguments rejetés par le Procureur spécial adjoint Alain Ouaby-Bekai qui, ne voit aucune entrave au droit de son client, « l’avocat a bel et bien eu la latitude nécessaire pour recueillir les éléments utiles à la défense de son client absent dans le box des accusés d’autant plus que ce dernier a « sollicité le rejet pur et simple de l’exception soulevée, en la déclarant irrecevable » Cette sortie est soutenue par son collègue du Parquet, le Substitut, Alain Tolmo. Ils sont vite refroidis par Me Mapkevo qui émet des réserves sur la transmission électronique des pièces par le greffe, qu’il considère comme « un obstacle à une bonne administration de la justice. » Et le président de la Section Aimé Pascal Delimo de renvoyer l’audience au 6 novembre ; le public se demande si la coiffure du papy François Boybanda alias Baléré sera toujours impeccable.

Compte rendu : Gilbert G. Mbakop (Photos, CPS)

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