L’Union des forces démocratiques de l’opposition (UFDO) « sauve » la paix sociale et à une certaine mesure la démocratie centrafricaine
L’Autorité nationale des élections (ANE), par la voix de son président Mathias Barthélemy Morouba, annonce la fin de la période de dépôt des dossiers de candidatures aux différentes élections groupées de décembre prochain. Le Président de la République en exercice, Faustin Archange Touadéra est contraint d’aller chercher un autre mandat dans les urnes ; durant son mandat actuel finissant, le Chef de l’Etat a dû batailler âprement sur plusieurs fronts : la sécurité avec des groupes armés non conventionnels et la politique avec une frange de l’opposition, radicale et prompte à cracher sur la Constitution du 30 août 2023 qu’elle dit ne pas reconnaitre ; pourtant fruit d’un référendum à la régulière. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) et son coordonnateur, le remuant et talentueux Crépin Mboli-Goumba, dans leur rôle de chien de garde républicain (pas péjoratif) ont, par moment, fait trembler la république par des nombreuses dénonciations et critiques virulents. Fondés quelques rares fois, les critiques du BRDC n’ont presque jamais été assortis de propositions alléchantes, à la manière d’une Opposition politique digne de ce nom, aspirant à gouverner, ceci en montrant au peuple ce dont elle est capable à travers sa propre idée de gouvernance. On n’a pas entendu la voix de cette opposition lors du sommet des Chefs d’Etat de la CEMAC (pourtant réunis à Bangui) quant à l’intégration sous régionale plus que boiteuse ; on n’a pas entendu ses contestations ou critiques à l’égard de l’ingérence étrangère inacceptable dans l’affaire de Joseph Figueira Martin, un européen incarcéré dans une de nos prisons ; parce qu’il a de « graves » soucis avec la justice centrafricaine.
Leader de l’opposition, Dologuélé aurait compris qu’il se faisait endormir par ses anciens amis du BRDC
Durant ce mandat finissant de Touadéra, le régime a, par moment, eu de l’aplomb grâce aux sorties et prises de positions d’une autre frange de l’opposition, dite Union des forces démocratiques de l’opposition (UFDO), un regroupement de six formations politiques: CDRC, MLPC, MUD, UDECA, ORP et PUR. Moins frontale et se réclamant comme une machine à « propositions, de construction et non de blocage », elle est présidée par le très discret Eddy Symphorien Kparekouti. C’est dans une atmosphère de suspicion, entretenue par les chants de boycott lancés par le BRDC que Faustin Touadéra a ouvert le bal des dépôts de candidature à la magistrature suprême ; mais quatre jours après lui, personne d’autre n’a sonné à la porte de l’ANE. Il a fallu que l’UFDO dépose la candidature de son champion en la personne de son président pour que Anicet Georges Dologuélé comprenne qu’il se faisait « endormir » par ses anciens « amis » du BRDC en allant déposer le sien. On peut alors conclure que c’est l’UFDO, de par ses méthodes républicaines, ramène malgré elle, un poids lourd dans le jeu politique. L’ancien Premier a finalement compris qu’il est suicidaire de ne pas aller aux urnes ; la démocratie sort ainsi vainqueur.
Gilbert G. Mbakop, éditorialiste (contacts : 72 06 50 12 / 75 54 64 94, courriel : mbakopgilbert20@gmail.com)
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